Aventures serosiennes

Suite et fin

Les menaces directes sur Myth Nantar et l’Alliance étant presque inexistantes, les quatre Héros de la mort sont libres d’aller là où ils le souhaitent.

Alak’Nael a encore des responsabilités à l’égard des dukars et doit choisir s’Il accepte d’ëtre le futur parangon de l’ordre de Jhimar, de représenter cet ordre sur le Conseil de l’Alliance, ou les deux. Avant de prendre sa décision, il accompagne le retour de son père, Dominik Cornwallis, à la bibliothèque de Highmoon. Il en profite pour aller à la rencontre des elfes aquatiques du Lac Sember et des drows du Cormanthor. Il rencontre une chamane drow dont l’esprit est la silhouette d’un drow mâle masqué armé d’une épée courte et d’une dague. Au moment de leur rencontre, Qilué scrute l’autre esprit, l’analyse sous tous les angles, tourne autour de lui, et les deux entre dans une danse au cours de laquelle les deux silhouettes se confondent et se mêlent, terminant la danse en une seule forme féminine, légèrement différente de Qilué. D’une voix éthérée, elle r se présente comme Eilistraee et emercie Alak’Nael de lui avoir permis de joindre ce qui lui restait de forces avec ce qui restait à son frère Vhaeraun. Les deux ensemble ont la force nécessaire pour maintenir un domaine divin et accorder des sorts à leurs fidèles. La nouvelle entité prend le nom d’Eilistraee mais, au lieu du titre de Dame de la danse, devient la Dame masquée. Elle remercie aussi Alak’Nael de la part de Qilué et espère que les deux pourront se revoir sur le plan de la Lune, idéalement avant la mort d’Alak’Nael.

Lage et Ak’ash’eck voyagent dans l’est de Serôs poiur aller rendre visite aux ogres de Poragga. Aux côtés du chef Porag, ils mènent une guerre de plusieurs mois contre les géants des tempêtes qui cherchent à convertir les ogres à leur dieu géant de la fierté et du contrôle. Au fil des victoires militaires, les ogres deviennent deviennent des fidèles de plus en plus dévoués d’Umberlee. Après une longue campagnes, les géants restants remontent vers l’Aglarond, laissant le territoire sous-marin aux mains des ogres.

Pendant ce temps, Ulucieounaou multiplie les démarches auprès de quelques locathahs de Myth Nantar pour déceler des candidats intéressés à briser leur attitude de victimes et à se battre pour obtenir leur dû. Roaoum lui recommande de se rendre entre Thesk et l’Aglarond, dans les territoires de chasse d’hiver des locathahs nomades. Là-bas, il recrute des dizaines d’adeptes, orientant son discours sur l’indépendance et la quête de liberté d’Umberlee. Avec leur aide, il incite à la rébellion des centaines d’esclaves locathahs et koalinths dans les villes du Récif de Xedran, ce qui a pour effet d’affaibli un des camps du schisme religieux d’ Ilxendren, plongeant les ixitxachitls dans une nouvelle guerre civile.

Par la suite, Alak’Nael accepte le rôle de parangon Jhimari, mais passe aussi beacuoup de temps avec la sa mère Miriel Reefglamor, avec qui il aide à faire prospérer le cercle druidique des environs dans le but de créer un passage facile entre le monde matériel et le plan de la Lune où se trouve le domaine d’Eilistraee.

Profitant de ce passage, Ulucieounaou entre en contact avec la déesse mineure de la joie Lliira. De fil en aiguille, il s’en approprie le domaine de la lutte pour la liberté, sous l’autorité de la déesse de la Lune Selûne, accompagnant les mortels dans leurs luttes pour la liberté et l’indépendance à travers Serôs et les territoires environnants. Le fois suivante où il est revu à Myth Nantar, c’est pour renverser une décision trop autoritaire du Conseil de l’Alliance en votant depuis le siège réservé aux dieux.

Après ses succès à Poragga, Ak’ash’eck se tourne vers la nation sahuagin de Kurrimal, qu’il espère modifier à l’image de sa déesse. Les dirigeants du royaume étant peu réceptifs à son message, Ak’ash’eck combat champion après champion, se rendant jusqu’au palais du roi T’Kalah, qui accepte sa provocation en duel. Chacun est renforcé de pouvoir divin, d’Umberlee pour Ak’ash’eck et de Sekolah pour T’Kalah, mais Ak’ash’eck sort victorieux du combat. Étant un malenti lui-même, et donc techniquement un sahuagin, il parvient à obenir le support d’assez d’agents de la nation pour être accepté comme nouveau roi et renommer la capitale. Il épouse la chef des services d’espionnages Zarzuela et fait lentement en sorte que, de bâtards tout juste bon à être utilisés comme espions, les malentis en viennent à être considérés comme des êtres bénis des dieux.

Quand à Lage, elle finit par quitter Myth Nantar et continue d’agir comme le bras d’Umberlee partout à travers Serôs. Des légendes aussi diverses que contradictoires commencent à circuler à son sujet, mais toutes s’entendent pour dire qu’elle est devenue la servante préférée d’Umberlee, du moins dans la mer intérieure. Les parents enseignent à leurs enfants de respecter et d’honorer la déesse des courants et des morts, sans quoi la sirène Lage viendra venger sa maîtresse quand ils s’y attendront le moins. Des témoignages des actions de Lage continuent à surgir çà et là longtemps après l’espérance de vie normale d’un merfolk.

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Épilogue

De retour à Myth Nantar, les Héros se retrouvent avec un Qos et une Dame Blanche salement amochés sur les bras. Ak’ash’eck fait de son mieux pour stabiliser le triton qu’il a transpercé de son trident quelques instants plus tôt, le maintenant en vie assez longtemps pour l’amener dans une salle plus appropriée au soins dans la tour des dukars.

Pendant que le paladin transporte délicatement Qos, Lage Vhaemas traîne la Dame Blanche qui, malgré son apparence de statue de nacre, semble particulièrement légère. Ulucieounaou et Alak’Nael Landaal Cornwallis remarquent tous deux que la couche de nacre est en train de se fissurer en plusieurs endroits. Tandis qu’Ak’ash’eck s’occupe de Qos, Alak’Nael choisit d’amener la Dame Blanche à l’écart des regards .Sous ses soins, la couche de nacre continue de se fragmenter et révèle en-dessous une peau séchée à l’apparence de cuir entourant une cavité thoracique dépourvue du moindre organe. Alors qu’on suspectait qu’il s’agissait d’une sorte de golem, Ulu reconnaît plutôt les signes d’une liche. Essayant de la ranimer, les deux héros n’obtiennent qu’un râle leur indiquant de trouver une phylactère chez son cousin Khelben, avant que les os mêmes de la Dame ne tombent à l’état de poussière.

Une fois Qos hors de danger, du moins à court terme, les héros décident de le laisser entre les mains des autres dukars et de partir à la recherche du fameux phylactère. Le nom de Khelben ne sonne aucune cloche, sauf pour Lage qui reconnaît là un personnage important de l’histoire de Waterdeep, un mage surnommé “Blackstaff” décédé une vingtaine d’années plus tôt. Réutilisant le portail entre le Bief de Vilhon et la ville souterraine de Skullport, les quatre héros retournent dans la cité de Waterdeep, où ils trouvenet facilement la demeure de l’ancien Blackstaff. Le successeur de Khelben, un mage tiefling bedonnant surnommé aussi le Blackstaff, a hérité de la tour à la mort de Khelben. Malgré les vingt ans passés, le nouveau Blackstaff n’a toujours pas fini l’inventaIre des milliers d’objets laissés derrièere par Khelben, qui ne tenait pas de catalogue lui non plus.

Après quelques jours de recherche aidés du tiefling, les héros mettent finalement la main sur une boîte à musique elfique en écorce dans laquelle danse une figurine de nacre, remplie de morceaux de parchemin couverts de phrases cryptiques en elfe. Le contenu de la boîte ne pouvant apparemment pas résister aux effets de l’eau de mer, il faut attendre à la surface que la liche se reconstitue. Le quatuor regarde les jours passer dans le temple d’ Umberlee à l’écart de la ville ou encore dans la communauté de merfolks des environs du port.

Une semaine ou deux plus tard, le corps de la Dame Blanche commence à reprendre forme et est bientôt assez complet pour permettre aux héros de converser avec la dukar. Contrairement à l’apparence à laquelle ils sont habitués, elle a plutôt l’air d’un cadavre délabré et préfère éviter de se présenter dans la Cité des Destinées avec l’apparence évidente d’un mort-vivant. Retrouver sa couche de nacre est un processus qui prendra des mois, mais elle promet de communiquer avec Qos régulièrement et de revenir dès qu’elle le pourra.

Dans les mois qui suivent, Qos reprends conscience et récupère son rôle de parangon de l’ordre des dukars. Pharom Ildacer finalise enfin la restauration du mythal de Myth Nantar, ce qui permet aux gens de la surface, comme Viktor Dantzick et Breena Thornstaff et leur jeune fille, de revenir s’Installer sous la mer. La flamme éternelle est rallumée par les membres du Conseil de l’Alliance, espérant que cela parvienne à conjurer le mauvais augure et protège la ville de cinq générations de malheur.

Par contre, l’absence de Qos ou de qui que ce soit d’autre dans le banc de corail magique couvrant la ville fait en sorte que celui-ci dépérit rapidement, libérant des centaines d’anciens bâtiments, de même que quelques poches de créations supplémentaires de Qwenyn Shesal, que les héros de la ville ont vite fait de nettoyer. L’augmentation massive de logement disponible attire beaucoup d’habitants de toutes races vers la Cité des Destinés.

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La fin de Blackgate

22 Homesong 1467 TS

Les héros de la mort constatèrent avec dépit l’extinction de la fontaine magique de Myth Nantar et arrivèrent peu de temps après au Colosse de dukar. Le coral avait été arraché violemment sur tout le côté avant gauche, ce qui révélait une épaisse gélatine bleu électrique. Rabattue par les courants marins, la statue oscillait d’avant en arrière et menaçait de s’effondrer d’un moment à l’autre.

Se disant que la tempête d’Umberlee n’avait pas bifurqué là par hasard, Ak’ash’eck monta sur le socle de la statue et se mit à l’inspecter sous tous ses angles. Il arracha une poignée de gel bleu avec la pointe de son trident, mais l’entaille se referma presque immédiatement. Quelques secondes plus tard, le colosse basculait et faillit tomber sur le malenti. Le corail sur la statue se mit à se fissurer de partout. Toute la gélatine se regroupa en un monstre visqueux aussi haut que le colosse l’avait été et un long pseudopode agrippa Ak’ash’eck.

Encore une fois, Lage se porta rapidement à son secours tandis qu’Alak’Nael et Ulucieounaou les couvraient de l’arrière. C’est alors que deux démons kazrith, comme on en avait vu dans le gouffre de Ghaunadaur surgirent du sable et couvrirent les deux mages d’acide. La lumière vive des attaques divine semblait empêcher le monstre de gélatine de régénérer ses blessures, si bien que les trois guerriers divins se trouvaient à concentrer leur attaques sur lui. Alak’Nael se retrouvait donc seul à lutter contre les démons qui plongeaient dans le sable et en ressortaient constemment. Le seul endroit où ils ne pouvaient pas creuser était le socle du colosse, mais se placer là voulait dire être à portée des pseudopodes. Alak’Nael continua à jouer au chat et à la souris avec les démons jusqu’à ce que ses alliés en eurent fini avec la plus grosse menace et viennent à son secours.

Quelques minutes plus tard, les héros avaient eu le temps de panser leurs blessures en invoquant la magie divine d’Oghma et d’Umberlee. La Dame Blanche qui était partie à la recherche des héros pour leur annoncer que sa version du rituel de Qos était prête ne se doutait pas qu’elle les trouverait couverts d’acide à côté du socle du Colosse de Dukar, ce sernier remplacé par une épaisse couche de corail gélatineux.

Craignant que des gens en ville ne se mettent à gratter le corail malgré l’interdiction et libèrent des version plus petites de l’horreur gélatineuse qu’Ils venaient de battre, tous étaient d’accord pour dire qu’il fallait neutraliser Qwenyn Shesal. Ouvrant son sac dimensionnel magique, la Dame Blanche versa litre après litre de résiduum et commença son incantation. Éventuellement, un cercle de corail de deux mètre de large se transforma en portal scintillant. La Dame Blanche promis qu’elle maintiendrait le passage ouvert tant que ses forces et ses réserves de résiduum le lui permettraient. Les quatre héros plongèrent donc dans le cercle sans plus attendre, ratant les derniers conseils que la dame de nacre avait à leur prodiguer.

De l’autre côté du portail se trouvait une ville fort semblable à Myth Nantar, mais sans le moindre habitant et entièrement fait de gelée translucide, dans laquelle apparaissaient brièvement des visages. Au lieu d’un ciel bleu ou étoilé au-dessus de la ville, tout était teint d’un oppressant violet foncé. La voix de Qwenyn Seshal, amplifiée cent fois, résonnait venant du centre de la ville, dans une incantation arcane mêlant paroles elfiques et langue des profondeurs. Les héros s’approchèrent de la voix tranquillement et virent un Blackgate de cinq mètres de haut vêtu de longues robes noires apparemment faites de goudron coulant constamment vers le bas sans jamais se défaire et cachant entièrement la moitié inférieure du drow. La “jupe” bougeait comme si quelque chose essayait d’en sortir et un cri rauque en sortait.

Les héros pensaient avoir été suffisamment discrets en se glissant de bâtiment en bâtiment, mais Seshal remarqua leur présence alors qu’ils n’étaient pas encore à vingt mètres. Au lieu de paniquer, il semblait content de les voir devant lui, affirmant même être heureux qu’ils puissent être tous ensemble pour partager leur triomphe commun. Il commença par remercier les héros d’avoir éliminé Rp’dzyga’at, laissant la voie à Blackgate pour devenir le seul Élu de Ghaunadaur. Il n’eut pas le temps de pousrsuivre son discours bien longtemps, car les quatre guerriers foncèrent pour passer à l’attaque. Blackgate haussa les épaules, disant que, s’il fallait les absorber pour qu’il puisse les joindre à lui, il ne s’en formaliserait pas outre mesure.

Blackgate généra six bactéries de la taille d’un humain et les envoya s’en prendre à ses anciens alliées de circonstance. Des tentacules violets surgirent aussi de son dos, prêts à attraper quiconque s’approcherait de lui. Lage et Ak’ask’eck n’eurent pas le choix de s’approcher, même si le simple fait d’être à côté de l’Élu de Ghaunadaur leur causait des douleurs psychiques et que les pans de ses robes semblaient attaquer de leur propre volonté. Heureusement, Ulucieounaou parvint rapidement à éliminer les microbes géants, permettant à Alak’Nael se s’avacer assez près pour guérir les blessures les coups que les deux guerriers de mêlée recevaient en continu. Étrangement, à plusieurs occasions, un coup de tentacule qui aurait touché rata après que sa cible se soit mis à osciller rapidement de gauche à droite, sans être étourdie. Ce n’était parfois pas suffisant pour esquiver le coup, mais l’aide, d’où qu’elle puisse venir était appréciée.

Blackgate ne retenait pas ses coups, envoyant vague après vague de mucus acide, entremêlées de coups de jupe et de saisies de tentacule. Alak’Nael et Ulucieounaou arrivèrent rapidement à cours de pouvoirs de guérison, mais les attaques ne ralentissaient pas. Rendue vulnérable par leurs marques de spellplague respectives, Lage n’arrivait pas à éviter beaucoup de coups et serait tombée au combat si la bague dérobée au roi de l’Île Pirate ne l’avait pas sauvée encore une fois.

Chacun était sûr qu’un ou l’autre de ses alliés ne survivrait pas à la rencontre quand une attaque d’Alak’Nael transperça Blackgate de part en part. Dans un cri d’échec plus que de douleur, il fondit en une grande flaque d’acide. Une silhouette humanoïde s’apprêta à sortir du centre et, sans attendre un instant, Ak’ash’eck l’arrêta en lui lançant son trident au travers de la tête.

Quand la vase retomba, elle découvrit un vieux triton à la peau rongée par l’acide et au visage percé de deux pointes de trident. Alak’Nael ne l’avait jamais vu, mais il reconnut tout de suite le dukar Qos. Invoquant les esprits primaux, Ulucieounaou et lui arrivèrent à stabiliser son état, mais il ne se relèverait pas de lui-même.

Se rappelant que la Dame Blanche ne pouvait maintenir le portail ouvert que pour un temps limité, les quatre héros filèrent vers le passage par où ils étaient arrivés. Dès qu’Il furent revenus dans le vrai Myth Nantar, la Dame Blanche cessa ses incantations et s’effondra sur le sol après un rituel qui l’avait visiblement taxée physiquement.

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Un message de violence

22 Homesong 1467 TS

À force de concentrer leurs attaques dessus, les quatre héros réussirent à faire voler en éclat la sphère de mutation accélérée. Ak’ash’eck, qui se trouvait juste à côté, sentit son sang bouillir de l’intérieur mais, signe de sa grande résilience, l’impression se calma sans produire d’effet observable.

Privée de son allié, la colonne mimique ne baissa pas sa garde pour autant. Au contraire, elle continuait de sceller les passages les uns après les autres pour contrôler le champ de bataille. C’est ainsi qu’Ulucieounaou se retrouva condamné à se battre en mêlée avec le monstre alors qu’Alak’Nael dut faire le tour de l’étage en nageant à toute vitesse pour atteindre la dernière porte avant que la mimique ne la referme.

Un épais pus jaunâtre fuyant de ses plaies, la bête de Ghaunadaur continuait à immobiliser ses victimes avec ses pseudopodes et à prendre une mordée de temps en temps. C’est une de ses attaques qui envoya Lage au plancher, dans une mare de sang et d’acide. Ak’ash’eck porta le coup de grâce avec son trident et le monstre s’écroula sur lui-même, mais Lage ne se relevait toujours pas.

Ulucieounaou remarqua que le plafond de pierre commençait déjà à s’affaisser. La mimique n’était peut-être pas une vraie colonne de soutènement, mais elle en avait joué le rôle. Avec l’énergie du désespoir, Alak’Nael défonça deux des portes scellées de sorte qu’Ulucieounaou et lui purent quitter le sous-sol à temps. Une fois au rez-de-chaussée, le plancher de l’étage était déjà en train de s’affaisser à son tour. Les deux alliés sortirent du la tour juste à temps pour voir les quatre étages s’enfoncer les uns dans les autres en cascades et le bâtiment se transformer en un tas de pierres noires qui recouvrait le temple de Chauntea et la moitié de celui d’Oghma.

Un instant plus tard, Ak’ash’eck surgit des gravats comme un fantôme avec Lage dans les bras. Il avait utilisé leurs deux dernières potions de forme spectrale pour passer à travers des fondations sans qu’aucun des deux ne soit affecté par les éboulis.

Encore chargées, les pierres électrocutaient quiconque tentait de les toucher. Si on pouvait prédire qu’elles perdraient leurs propriétés éventuellement, le Square aux cinq temple resterait couvert de débris pendant un bon moment encore.


Dans les jours qui suivirent, le corail magique qui recouvre une bonne partir des bâtiments de la ville continua de ramollir et de prendre une teinte bleutée. Marquée par la spellplague, Lage pouvait sentir son influence sur le banc de corail. De plus, des habitants de la ville de presque toutes les races développaient un genre d’infection des nageoires et des écailles de la même couleur. On ne savait pas d’où la maladie provenait, même elle semblait être très contagieuse et résister aux traitements habituels.

Les Héros de la mort eux-mêmes en furent atteints et, sil Alak’Nael arriva à guérir le groupe avec quelques rituels, les ressources de la ville en magie de guérison ne suffisaient pas à soigner tous les individus affectés.

Le 20 Homesong eux lieu la séance mensuelle du Conseil de Myth Nantar. L’eadar Ri’ola’kirk avait déposé une motion autorisant, vu les circonstances, les habitants de Myth Nantar à retirer eux-mêmes le corail gélatineux recouvrant les édifices, ce qui libérerait des espaces de logement et de commerces pour une population de plus en plus nombreuse et entassée. Beaucoup de représentants trouvaient que le décret allait de soi, surtout considérant que beaucoup de gens avaient annoncé haut et fort leur intention de commencer l’excavation par eux-mêmes. Morgan Ildacer seconda la motion sans hésiter. Seuls les dukars tenaient à ce que la loi soit maintenue et qu’ils soient les seuls autorisés à déterminer à quel rythme le corail pourrait être enlevé.

Le hasard a fait en sorte qu’Alak’Nael eut le dernier mot alors que le vote était également réparti. Il choisit de trancher en faveur de ses confrère dukars. Après le vote d’Alak’Nael, mais avant que l’affaire soit classée, Morgan fixa intensément le siège des dieux, comme si un vote supplémentaire allait s’ajouter au compte, mais rien ne se produisit.

Une autre motion fut déposée afin de débloquer des fonds pour lutter contre la mystérieuse épidémie et interdire aux gens de quitter la région de Myth Nantar par peur de répendre la maladie à tout Serôs.


Quelques nuits plus tard, Ak’ash’eck et Lage eurent le même rêve étrange. Une voix enjôleuse semblable à celle de l’aspect d’Umberlee leur offrait d’envoyer une tempête arracher le corail corrompu et débarasser Serôs de la présence de Qwenyn Shesal. Les dukars avaient établi que cela achèverait de tuer Qos, mais ni le malenti ni la sirène ne s’en préoccupaient trop. Par fierté, Ak’ash’eck rêvait d’arrêter Blackgate sans aide et refusa net l’offre de sa déesse. Lage, de son côté, se délectait de la promesse d’une tempête et accepta l’offre avec enthousiasme.

Le lendemain soir, une grande tempête de courants marins frappait la région de Myth Nantar alors qu’Ulucieounaou prêchait sa vision du dogme d’Umberlee aux convertis dans son temple aux côtés de Lage. Ak’ash’eck, lui, profitait des courants glaciaux en se promenant torse nu au-dessus du Square.

Entré du côté est de la ville. un puissant maelstrom d’une vingtaine de mètres de large avançait en arrachant le corail ramolli, endommageant au passage la Maison des Hauts Mages elfes. Un garde de la ville eut la présence d’esprit d’aller sonner l’alerte à la tour des dukars, où Alak’Nael était le plus haut-gradé. Ramassant trois sages à ses côtés, le pacificateur alla à la rencontre du maelstrom. Ce dernier faisait route vers le quartier des dukars quand il frappa la statue colossale du fondateur de l’ordre et bifurqua vers le sud.

Longeant la promenade de Kupav, le maelstrom arrachait encore plus de corail et fonça vers la fontaine de feu au centre de la cité et sa flamme éternelle qui réchauffait tout l’intérieur du mythal. La flamme fut soufflée comme une vulgaire chandelle, ce qui, selon la croyance populaire, augurait pour cinq génération de souffrance.

Toujours sur sa lancée, le tourbillon filait vers le Square aux cinq temples et passa rapidement sur les temples d’Oghma et Milil pour s’Immobiliser autour de celui d’Umberlee. Le courant était tel que tout un pan de mur fut arraché, créant un trou béant près d’Ulucieounaou. Les fidèles terrorisés par la colère présumée d’Umberleem s’enfuirent à toutes jambes. C’est alors qu’Ulucieounaou vit les courants au centre de la tempête se solidifier en une vague silhouette draconique. Ak’ash’eck l’avait vu aussi et, croyant voir là un test de sa déesse, défia le monstre élémentaire. Lage vint lui prêter main forte et Ulucieounaou s’assura de rester juste assez à l’écart pour rester hors de portée du dragon.

Alak’Nael et ses trois alliés dukars avaient enfin rattrappé le maelstrom et, sous le couvert des orbes de force des trois sages, le demi-elfe envoya Qilué se battre aux côtés de Lage et Ak’ash’eck. La bête élémentaire semblait vouloir s’en prendre en priorité à Ulucieounaou et à Alak’Nael, mais tout le monde travaillait si fort à la maintenir en place que seul Ak’ask’eck restait à portée de ses griffes.

Après un bon coup de lance de la part de Lage, le dragon éclata et la tempête entière se calma en un instant. Les quatre compagnons savaient bien qu’il ne s’agissait pas d’une simple tempête, même si Ak’ash’eck prit soin de ne pas mentionner son rêve prémonitoire et que Lage s’efforçait de garder un air innocent.

Au cas où il y ait plus à comprendre derrière le message, le groupe décida de remonter pas à pas l’itinéraire de la tempête pour voir s’il n’y avait pas de signe supplémentaire.

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Les reliques de Blackgate

15 Homesong 1467 TS

Les blasphèmes dans la voûte au passage nouvellement libéré, qu’on suspectait avoir appartenu à Qwenyn Shesal, avaient beau s’être optimisés les uns les autres pendant des siècles, le combat contre eux ne fut pas très taxant pour les héros de Myth Nantar. Même si les créatures étaient assemblées à partir de morceaux de choix des races humanoïdes les plus physiquement fortes de Serôs, elles n’en restaient pas moins animées par de de l’énergie nécrotique, les rendant ainsi particulièrement vulnérables à la magie divine d’ Umberlee employée par Ulucieounaou et Ak’ash’eck. Un des blasphèmes, qui portait un symbole grossier de Ghaunadaur a été éliminé avant de pouvoir lancer le moindre sort. Cinq autres blasphèmes formés de morceaux de merfolks, elfes et locathahs ne purent tenir debout que quelques secondes avant d’être fauchés.

Deux blasphèmes agiles, équipés de pinces de morkoth et de carapaces d’hommes-crabes, et un colosse au cuir de scrag armé d’un long tapal donnèrent légèrement plus de fil à retordre, mais Alak’Nael et Lage ont à peine eu besoin d’utiliser leurs pouvoirs de guérisons et ont donc pu se concentrer sur le découpage de golems morts-vivants.

Pendant le combat, les blasphèmes essayaient visiblement de se tenir à l’intérieur d’une aura sphérique verdâtre, même si les efforts des héros les en ressortaient constamment. Il fut découvert par après que la zone, remplie de membres et d’organes de toutes sortes, était baignée d’une aura préservant les différents morceaux, encore aussi frais que s’Ils venaient d’être ôtés de corps vivants même s’ils reposaient probablement là depuis des siècles.

On découvrit une tale de potions de résistance, dont les blasphèmes s’étaient généreusement servis avant le combat et un fourreau magique capable de transformer n’importe quelle attaque en magie radiante. Pendant que ses alliés argumentaient avec les agents des Hauts Mages de Myth Nantar pour les empêcher d’entrer dans la voûte, Alak’Nael est rapidement allé acheter un parchemin d’analyse de portail. À son retour, les héros eurent le temps de confirmer que le vieux cercle de téléportation avait été créé par Qwenyn Seshal pour se rendre dans l’Underdark, à proximité d’Orthros, ville drow contrôlée par des adorateurs de Ghaunadaur.

Les rituels épiques de l’anneau de Dominik Cornwallis auraient permis de répondre de façon fiable à plusieurs questions, mais sa magie ne serait pas disponible avant près d’un mois. On se tourna donc vers le fragment de sharn ramassé chez l’ordre de la Flamme bleue. Qwenyn Sheshal ayant été marqué par cette flamme, le collectif des sharns devrait hypothétiquement toujours savoir quelque chose sur lui.

La première réponse révéla que Blackgate, malgré son absence remarquée depuis des semaines, était encore quelque part à Myth Nantar. Un questionnement plus poussé indiqua curieusement qu’il était “partout et nulle part à la fois” et qu’il fallait “faire attention de ne pas lui marcher dessus”. Tout semblait indiquer qu’il aurait pris possession du banc de corail magique recouvrant la moitié de la ville sous le mythal, longtemps contrôlé par le parangon dukar Qos. Les héros avaient supposé que le déclin récent du corail était dû à la défaillance du mythal, mais les deux événements étaient peut-être indépendants. Normalement dur comme la pierre, le corail se grattait maintenant assez facilement avec de simples outils de jardinage ou de menuiserie. Il ne fallut qu’une dizaine de minutes pour dégager un pan de toit d’environ un mètre carré.

Même à cette vitesse, dégager toute la ville prendrait des années, mais on envisageait la possibilité de recruter des centaines de bénévoles pour aider à la tâche. Le risque était de libérer encore des créations de Blackgate, comme c’était arrivé déjà deux fois dans les dernières années lors d’excavations autorisées par les dukars, ou bien encore d’autres horreurs scellées avec raisons lors du cloisonnement de la ville.

Armés d’éléments de preuve plus concrets quant au risque que posait le maître de Blackgate, les héros sont retournés faire leur rapport auprès des leaders des dukars. Eux-mêmes avaient essayé toutes sortes de rituels de télépathie et de divination pour entrer en contact avec Qos, sans succès, mais Tu’ola’sara proposa de tenter un simple rituel de communication è distance. À la surprise de tout le monde, la solution simple permis de confirmer que Qos se trouvait encore tout proche, mais trop faible ou trop blessé pour renvoyer une réponse claire. Détruire le corail risquant donc de l’achever, il fallait trouver un autre moyen. Toujours sans preuves d’une action criminelle de Qwenyn Seshal. La Dame Blanche autorisa néanmoins les héros à pénétrer dans sa tour pour le confronter, jugeant que la menace silencieuse d’un Élu de Ghaunadaur était trop grande pour l’ignorer plus longtemps.

Dans un premier temps, il fut tenté d’excaver un tunnel sous la tour pour entrer par les fondations, mais le fond du bâtiment avait été couvert d’une plaque de métal électrifiée depuis la dernière fois, le propriétaire des lieux étant peut-être écœuré que des gens entrent chez lui sans être invités. Qu’à cela ne tienne, Alak’Nael alla se procurer un parchemin de manipulation de la pierre pour créer une ouverture directement là où avait jadis été la porte principale de la tour. Le champ électrique le dérangea à peine, lui que la magie primale rendait résistant à la foudre et au tonnerre.

À l’Intérieur de la tour, la torche magique d’Ulucieounaou éclairait un grand salon aux murs et au plancher recouverts d’une épaisse couche de vase, pièce que les héros avaient visitée à quelques reprises déjà. Un ghaunadan errait dans les lieux, fixant les héros du regard sans toutefois montrer d’hostilité. Ayant vu la sphère d’évolution accélérée enfermée dans le sous-sol la dernière fois, les quatre se demandaient si elle s’y trouvait encore. Ak’ash’eck utilisa donc un morceau du cristal psionique confisqué dans l’antre de Rp’dzyga’at pour posséder un ghaunadan au sous-sol, mais se retrouva dans le corps de celui du rez-de-chaussée. Ne sachant pas s’Il n’y avait tout simplement pas de ghaunadan à l’étage inférieur ou si quelque chose empêchait se passer, il utilisa son corps d’emprunt pour explorer les étages du haut. Il y trouva un laboratoire de potions, une bibliothèque, une réserve d’objets magiques, des quartiers eux aussi couverts de vase, des prisons de cristal ayant autrefois renfermé des créatures en stase et, finalement, au dernier étage, un autel consacré à Ghaunadaur.

Ne trouvant pas de pièges ni d’autres créatures que des ghaunadans dociles, Ak’ash’eck revint à son propre corps, et lui et ses alliés allèrent explorer le haut de la tour. Se doutant que le regard des ghaunadans avait sans doute déjà averti Blackgate de leur présence, les héros se foutaient un peu de le fâcher davantage. C’est pourquoi ils ramassèrent nonchalamment quelques objets magiques dans la réserve et prirent le temps d’identifier les potions récemment créées dans le laboratoire. Il s’agissait de potions de longévité, ce qui expliquait peut-être comment on arrivait à plus de 745 ans en calculant l’âge de Qwenyn Seshal.

De part et d’autre de l’autel à Ghaunadaur se trouvaient les portraits de deux elfes aquatiques. Si la ressemblance frappante marquait le premier comme étant probablement celui de la mère de Blackgate, l’homme du deuxième était un pur inconnu. Sur l’autel lui-même, un marteau cérémonial usé semblait avoir déjà servi à fracasser quelque chose, peut-être des sacrifices au dieu des profondeur. Aucun usage récent, selon les apparences.

N’ayant rien trouvé d’incriminant jusque-là, du moins rien qui puisse justifier une entrée par effraction, ainsi que quelques cambriolages, les héros se décidèrent à inspecter le sous-sol pour voir s’Ils n’y trouveraient pas la trace d’un quelconque plan maléfique allant à l’encontre des intérêts de la population de Myth Nantar. L’oracle d’Oghma Arina avait bien dit que Blackgate voulait transformer les habitants de Myth Nantar “pour les amener à la hauteur de ce qui les attends”.

Le seul à bien voir dans le noir, Ak’ash’eck s’avança le premier dans le corridor du sous-sol jusqu’à atteindre un cadre de porte, laissant le reste de son équipe au pied de l’escalier. Il aperçut la sphère irisée à la même place que lors de l’intrusion précédente, mais quelque chose semblait différent. Ce n’est que lorsque la sphère commença à s’approcher de lui que le malenti comprit que le mur se force qui retenait la sphère n’était plus là. Ak’ash’eck voulut faire demi-tour et cria à ses alliés de sortir, mais le passage de l’escalier se ferma brusquement comme un sphincter organique. Chacun ayant dans ses poches des fragments de cristal psionique ou bien des potions permettant de traverser les murs, le stress était minimal, mais un tentacule se détacha alors de la colonne centrale du sous-sol, agrippant Ak’ash’eck par la taille. Il ne lui resterait probablement pas assez de temps pour se déprendre, se relever, avaler sa potion et traverser le mur avant que la sphère ne l’atteigne.

N’hésitant pas une seconde pour aller au secours de son ami, Lage se plaça derrière lui et commença à frapper la colonne de sa lance. C’est alors que, la sphère, plutôt que de se coller sur les intrus, envoya une vague de conjuration pour téléporter Lage et Ak’ash’eck le plus loin possible de leurs deux alliés, hors de la lumière d’Ulicieounaou, mais toujours à portée des tentacules de la colonne centrale. Pour couronner le tout, un autre mur se referma près de la cage d’escalier, coinçant la naga d’Alak’Nael entre deux parois. Ulu et Alak durent se résoudre à s’approcher du combat pour attaquer les deux monstres et guérir les blessures déjà importantes de leurs alliés. Les deux concentrèrent d’abord lors efforts pour immobiliser et affaiblir la sphère, qui commençait déjà à craquer, mais la colonne, qu’Ulucieounaou identifia comme une gigantesque mimique, semblait encore en pleine forme et resterait clairement une menace même une fois le soutien de la sphère disparu.

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Le gruyère

15 Homesong 1467 TS

Après quelque temps passé à Waterdeep pour mettre la main sur de l’équipement magique de haute qualité, les Héros de la mort reviennent le 3 Homesong à une Myth Nantar en piteux état. Le banc de corail magique qui recouvre plus de la moitié de la ville continue de dépérir et de ramollir de jour en jour. La croûte est maintenant si tendre qu’un simple couteau suffirait à la retirer. Les lois de la cité dictent encore que personne n’est en droit d’enlever de corail sans la permission des dukars, mais il est clair que beaucoup de gens en ville sont tentés de dégager des terrain sans rien demander à personne.

Une minorité vocale de personnes, toutes races confondues, soutiennent haut et fort que le départ des gens de la surface dû au mauvais fonctionnement du mythal est une sorte de bénédiction, purgeant la cité de ces intrus.

Alak’Nael réussit à obtenir une audience avec la Dame Blanche pour le lendemain, alors qu’elle prend une pause du travail de restoration de mythal qu’elle effectue avec Pharom Ildacer. Avec le corail qui se dégrade, le paragon Qos n’est plus contactable par qui que ce soit télépathiquement, même dans la salle du conseil de l’Académie des dukars. La Dame Blanche espère de tout son cœur que Qos soit encore en vie, le corail n’étant pas encore entièrement défait.

Pendant ce temps, Ak’ask’eck va fouiller les quartiers de Viktor Dantzick au temple d’ Umberlee. Avant de partir pour la surface avec Breena Thornstaff, le prêtre a laissé une lettre à l’Intention d’Ak’ash’eck et une autre pour Lage. Dans les deux lettres semblables, il demande à l’un et l’autre de collaborer pour prendre en charge l’église d’Umberlee de Myth Nantar, les forces de chacun compensant les failles de l’autre. Il les met tous deux en garde contre Ulucieounaou, leur disant de se méfier de son possible manque de loyauté et leur interdisant de le laisser parler au nom de l’église. Ak’ash’eck et Lage se consultent sur la question et décident de passer outre les conseils de Viktor, si bien que c’est Ulu qui se trouve à donner la majorité des sermonts au temple d’Umberlee, appuyé par Ak’ash’eck, tandis que Lage continue de son côté de faire du prosélytisme un peu partout en ville.

Pendant les jours qui suivent, Alak’Nael entre peu en contact avec ses alliés. Il a plusieurs conversations avec l’emblème d’Ossandrya. Elle lui dit que les fidèles d’Umberlee sont bien utiles tant qu’ils œuvrent pour se débarrasser des agents d’un monstre tel que Ghaunadaur, mais que des apôtres d’une déesse de la destruction ne siéent pas vraiment à un héro de la cause elfique. Elle lui conseille de voir s’il serait possible de les ramener vers la lumière ou, sinon, d’envisager de travailler sans eux à l’avenir.

Le même emblème dit à Alak’Nael de se méfier car elle sent la présence de dhaerows déguisés dans les parages, et elle ne fait pas référence à Qilué. Il faut un peu de recherche de la part du demi-elfe pour réaliser que l’emblème fait référence aux fidèles d’Eilistraee ayant trouvé refuge à Serôs par la magie transformatrice de la Glace sashélane. La plupart sont restés à Lyrathil, mais quelques dizaines ont plutôt choisi de venir s’établir dans la métropole de Myth Nantar.

Alak’Nael en a la confirmation lorsqu’il croise Mayyia et sa compagne, venues de Lyrathil pour célébrer leur union devant l’autel de Trishina. Elle lui révèlent aussi faire l’objet de beaucoup de discrimination de la part de ceux qui se considèrent comme de vrais elfes aquatiques. La conversation tourne éventuellement autour de Qwenyn Shesal et Alak’Nael apprend ce qui est vraiment arrivé à la famille Blackgate d’Orthros. Après des siècles d’influence en ville, le complexe familial est un jour devenu la proie des flammes pendant que tout le monde dormait. Les portes et fenêtres scellées magiquement ont empêché quiconque de sortir alors que les autres drows de la ville, jaloux de la puissance du clan Blackgate, ont laissé tout le monde brûler sans intervenir sinon pour empêcher que les flammes ne se propagent aux bâtiments voisins.

Alak’Nael finit par croiser ses compagnons fidèles d’Umberlee lorsqu’il se rend voir son père Dominik Cornwallis au temple d’ Oghma voisin du temple d’Umberlee. Là encore, l’emblème elfique dit détecter une odeur de dhaerow. Confronté par son fils, Dominik avoue avoir passé beaucoup de temps avec des drows plutôt sympathiques dans les bois autour du Lac Sember près de Highmoon. Piquée par la description, Qilué demande à aller les visiter dès que l’occasion se présentera.

La visite d’Alak’Nael rappelle à ses amis l’existence de la bague magique de Dominik, qui permet une fois par mois d’invoquer un serviteur d’Oghma pour trouver réponse à n’Importe quelle question, pourvu qu’une créature mortelle l’ait déjà su. Convaincu par Lage de l’utiliser pour les aider, Dominik conjure encore une fois la lilende Arina, incapable de visiter Myth Nantar en dehors du temple d’Oghma. Aux questions posées, elle répond que Qwenyn Shesal est déjà devenu l’Élu de Ghaunadaur, probablement suite à la mort de son rival Rp’dzyga’at. Elle dévoile aussi que Qwenyn a lui-même orchestré la mort du clan Blackgate parce qu’Il était déçu d’eux en tant que création. Pour ce qui est des alliés de Qwenyn, Arina répond que, sans le savoir, les Ildacer sont les meilleurs alliés de Blackgate en ce moment. À l’ultime question de savoir quel est le plan actuel de Qwenyn, l’oracle répondit qu’il voulait s’assurer que Myth Nantar et ses habitants soient à la hauteur de ce qui les attend.

Comme bien souvent, le message cryptique pouvait être interprété de bien des façons. C’est du moins l’opinion de la Dame Blanche, que les quatre héros vont consulter le lendemain. BIen qu’elle se méfie des intention du maître de Blackgate, il n’a encore commis aucun crime à Myth Nantar et rien ne prouve qu’il a l’intention d’en commettre dans l’avenir. De plus, le fait qu’Il n’ait pas été vu en ville depuis des mois rend difficile toute action contre lui.

Pendant le sommet des dukars qui entoure cette discussion, la jeune Dasin est soudain prise d’un malaise et s’effondre. Ack’ash’eck parvient à la réveiller, et tout ce qu’elle peut dire est qu’elle a vue Myth Nantar percée de dizaines de trous béants, sans savoir ce que cette vision représente.

Il est aussi question de savoir qui prendre le titre de parangon pour les quatre ordres des dukars, maintenant que Qos manque à l’appel et que Jorunhast est disparu dans une autre dimension.

Autre point à l’ordre du jour, amené par la dukar Vualdia: la salle du Conseil a reçu une étrange lettre annonçant que les elfes égoïstes gardent depuis trop longtemps des trésors qui ne leur appartiennent pas dans leurs voûtes. La lettre est marquée d’un mystérieux symbole que les héros reconnaissent comme la signature d’Enèsra Nipul, à qui ils ont déjà eu affaire deux fois par le passé.

La rencontre terminée, les quatre héros redescendent ensemble dans le hall de la tour des dukars et entendent des bruits de combat venant de l’extérieur. Pressés de voir ce qui se passe, ils repèrent des jeunes apprentis dukars qui semblent s’être attaqué les uns les autres avec leurs lames; un d’eux est d’ailleurs grièvement blessé. Son assaillant présumé, dont le tapal est taché de sang, est partagé entre une crise de panique et un flot d’excuses.

Après avoir stabilisé le blessé, les héros interrogent les dukars présents, qui expliquent avoir vu un monstre énorme, mi-ogre mi-insecte et que, en tentant de l’arrêter, ils one ressenti le désir inexplicable de s’en prendre les une aux autres. Par la description, Ulucieounanou reconnaît là un mastodonte des ombres comme celui qu’ils avaient combattu dans l’arène du capitaine Capitaine Olegg. Heuresement que le monstre s’était enfui, car les aspirants dukars n’auraient pas eu la moindre chance contre lui. Partant à la chasse au mastodonte, les héros voient au loin une compagnie de gardes de la ville aux prise avec le monstre, deux d’entre eux gisent sur le sol, les bras arrachés par la force des griffes de la créature.

C’est la Dame Blanche elle-même qui apparaît derrière les héros et pulvérise le mastodonte à distance avec sa magie arcane, mais des cris indiquent que d’autre monstres se promènent dans la cité. Plusieurs groupes partant à la chasse, les quatre héros se dirigeant vers le l’ouest. Là où se trouvait la place du Grand Portail se dresse une butte de plusieurs mètres de hauteur percée de nombreux trous. Connaissant les capacités d’excavation des monstres, Ulu prévient que d’autres pourraient se trouver à l’intérieur. Lage et Ak’ash’eck se dirigent prudemment dans un des tunnels sombres et tombent nez-à-nez avec deux mastodonte. Lage est soudain prises d’une envie folle de frapper Ak’ash’eck, mais son bouclier magique redirige la lance vers un des ennemis. Un troisième monstre tente de sortir par un autre tunnel, mais l’esprit de Qilué le distrait assez longtemps pour l’empêcher de se joindre aux autres. Pendant le combat, une sirine glisse derrière les créatures pour lancer sa dague sur Lage. Elle tente de se reculer pour attaquer à nouveau, mais Ulu l’Immobilise de manière à ce que ses alliés n’en fassent qu’une bouchée.

Les trois mastodontes sont éliminés et une inspection du nid confirme qu’il s’agissait bien des derniers. La sirine, laissée inconsciente, perd les traits de son visage, son nez et ses lèvres s’effaçant et sa peau prenant une teinte grisâtre. Lage reconnaît là un doppelganger, humanoïde capable de changer de forme à volonté. Normalement, autant les mastodontes des ombres que les doppelgangers auraient dû être empêchés d’entrer à cause du mythal mais, dans son état affaibli, il est clair que la voie était libre.

Amené à la prison de la garde de Myth Nantar puis interrogé par les héros, le doppelganger avoue avoir vu la colonie de mastodonte se diriger sous terre vers Myth Nantar et s’être sit qu’il en profiterait pour piller ce qu’Il pouvait de la cité et s’en mettre plein les poches. S’avouant vaincu, il laissa Ak’ash’eck lui prendre sa dague magique et promis même d’accorder une faveur à ceux qui l’avaient battu s’ils promettaient de faire en sorte qu’il retrouve sa liberté rapidement.

Traversant la ville à nouveau, les héros tombèrent sur plus de trous, dont un, dans le quartier des elfes, était entourés par les gardes personnel du Haut Mage Pharom Ildacer. Il semblerait que le tunnel creusé par un des monstres ait révélé un complexes souterrain. Après d’intenses négociations, les héros réussirent à convaincre les gardes de les laisser explorer les salles en premier.

Un grand hall donnait sur trois portes barrées, deux ouvertes facilement par la force brute, mais l’autre fermée par un mécanisme complexes. Derrière cette dernière porte, des voix semblaient avoir hâte de pouvoir enfin sortir de leur prison. Confrontées par les héros, elles répondirent avoir déduit le nombre de survivant à neuf, nombre calculé comme optimal compte tenu des ressources en leur possession.

Avant d’investiguer de se côté, on fouilla les autres corridors, qui révélèrent, d’un côté, un placard rempli de composantes alchimiques pour rituels, et des restes d’un portail magique. De l’autre côté, des sphères de verre contenaient des amalgames de créatures marines et terrestres rapiécées pour donner d’horrible hybrides. Une sphère plus grande contenait même un jeune aboleth.

On trouva finalement comment déclencher le mécanisme qui tenait la grande porte verrouillée. À l’intérieur, la torche d’Ulucieounaou révéla neuf créatures humanoïdes faites de morceaux de toutes sortes: sirènes, elfes, humains, locathahs et plus encore. Visiblement, les quatre intrus n’étaient pas ceux que les morts-vivants s’attendaient à voir. Après quelques échanges infructueux, ils perdirent patience se mirent è réclamer la priorité sur les bras de l’elfe, les nageoires du locathah ou la poitrine de la sirène. Les héros allaient devoir se battre pour garder tous leurs morceaux.

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Le dernier aboleth

1 Homesong 1467 TS

Au fond du gouffre de Ghaunadaur, le chant guttural de Rp’dzyga’at semblait venir de partout et nulls part à la fois. L’accoustique du ravin remplissait l’endroit d’un écho inquiétant et la visibilité presque nulle causée par la vase en suspension laissait craindre une attaque pouvant surgir de n’importe où.

C’est Ulucieounaou qui réalisa que le son provenait de sous le sol boueux du gouffre. Utilisant son écholocation, Ak’ash’eck détecta effectivement la présence d’une poche d’eau libre quelque deux mètres sous la vase. Retenant son souffle, il plongea à travers la boue toxique et ressortit dans une caverne dont l’eau était relativement claire. Appelant ses amis à le suivre, ils le rejoingnirent un a un sans trop souffrir des effets de l’épaisse vase. Pour sa part Prunis hésitait à faire la même chose et se doutait qu’elle ne serait pas de taille contre ce qui les attendait plus bas. Elle fit promettre aux héros de revenir la chercher quand ils en auraient l’occasion et retourna les attendre à la Promenade de la Dame noire.

Dans la petite caverne sous la vase, tout semblait tranquille, mais on pouvait encore entendre l’incantation à travers le seul tunnel qui permettait d’aller plus loin. Ak’ash’eck décida d’avancer seul en éclaireur sans la lumière de Ulucieouanou. Il arriva dans une immense pièce dont la moitié supérieure était occupée par une poche d’air. Au centre, un tas de racines de plusieurs mètres de large dépassait légèrement de l’eau. Sans prévenir, une masse de moisissures surgit du tas et se mit à projeter des spores toxiques sur le malenti, le blessant sérieusement et le plaquant au sol. Son adversaire n’était pas un quelconque champignon mais le roi des charognes, un fungus intelligent servant Ghaunadaur directement.

Les alliés d’Ak’ash’eck coururent à son secours mais, au départ, la torche d’Ulucieounaou n’éclairait pas suffisamment loin, ce qui permettait au fungus de rester dans les ténèbres et d’attaquer sans qu’on voit ses projectiles arriver. Lumière ou pas, Lage décida de foncer dans le tas et d’attaquer le monstre à l’aveuglette, plantant la point de sa lance dans la masse de moisissures. Localisant la créature au son, Alak’Nael envoya Qilué attaquer à son tour. Voyant nettement même dans le noir, Ak’ash’eck se joignit à eux, mais le roi se dégonfla dans un nuage de spores toxiques pour resurgir plus loin dans la plaque de racines.

Dès qu’il fut assez près pour éclairer l’ennemi, Ulucieounaou raéalisa qu’attaquer les racines était aussi efficace que de viser la masse centrale. Quelques coups supplémentaires et le roi s’écroulait sur lui-même, mais trois versions plus petites surgirent à différents endroits de l’étendues de racines, toutes aussi agressives que l’original. Utilisant les observations d’Ulucieounaou, Alak’Nael invoqua la foudre pour frapper l’amas de racines, blessant les trois créatures à la fois. Se relevant d’une attaque se spores, Ak’ash’eck sortit un flasque d’énergie alchimique pour produire le même effet. Quand il ne resta plus qu’un des monstres, Lage le chargea pour en venir à bout. La masse de racines se relâcha et se défit dans l’eau en une pâte visqueuse mais inoffensive.

Après ce sur combat, Lage et Ak’ash’eck étaient à bout de souffle et couverts de blessures. Un rituel de quelques minutes permit de transférer une partie des réserves d’énergie d’Ulucieounaou et d’Alak’Nael vers les deux combattants de mêlée. Pendant qu’on invoquait la puissance d’ Umberlee pour panser les blessures de chacun, l’incantation de l’aboleth s’accélérait, comme si le prêtre de Ghaunadaur sentait que son temps était compté.

N’hésitant pas une seconde, les quatre héros foncèrent vers la source des chants pour y mettre fin avant que ne soit conjuré un avatar de Ghaunadaur ou on ne sait quoi d’autre. Sur un îlot de pierre noire, Rp’dzyga’at était au centre d’un triangle de runes magiques, entouré quelques mètres plus loin de trois immenses cristaux psioniques canalisant de l’énergie vers le prêtre aboleth. Dès qu’il vit ses ennemis arriver, il cessa sa prières, mais les pulsations des cristaux maintenaient le rythme, semblant garder l’incantation en suspens le temps d’une pause.

Rp’dzyga’at maudit Qwenyn Shesal d’avoir envoyé ses sbires faire le salle travail à sa place, mais se délectait de pouvoir remplir son esprit des techniques de combat d’autant de guerriers redoutables. Peu heureux de se faire traiter de laquais de Blackgate, Alak’Nael utilisa immédiatememt un de ses cimeterres pour échanger de position avec l’aboleth, le mettant à portée de Lage et Ak’asheck. Pendant ce temps, Ulucieounaou, se dirigeait vers un des cristaux pour le désactiver. L’idée se révéla payante car, on le découvrit bien assez tôt, l’énergie qu’ils envoyaient à Rp’dzyga’at lui créait une barrière de protection contre les attaques.

Utilisant les pouvoirs dérobés à un des Hauts mages elfes de Myth Nantar, l’aboleth se téléporta simplement à côté d’Alak’Nael pour le frapper à coups de tentacules, en plus de faire pleuvoir la foudre sur Ak’ash’eck et Lage pour les immobiliser. Ak’ash’eck eut toute la misère du monde à avancer à travers le nuage d’épais mucus qui encerclait l’aboleth, mais s’assura de la marquer de l’aura d’Umberlee pour protéger Alak’Nael contre des attaques éventuelles. Lage, qui n’arrivait pas à se déprendre, envoya quelques ondes de choc à partir de sa lance, tandis qu’Ulucisounaou attaquait de loin en se dirigeant vers un deuxième cristal. Ak’ash’eck réussit à asséner un coup assez fort pour sonner l’aboleth et l’empêcher de bouger, ce dont profita Alak’Nael pour se désengager et aller s’occuper du dernier cristal et ce qui permit à Lage de couvrir le terrain entre elle et le monstre.

Il s’écoula de longues secondes avant que Rp’dzyga’at ne reprenne ses esprits, intervalle pendant lequel les attaques répétées de ses adversaires réussirent enfin à percer sa carapace et à faire couler son sang sur la pierre noire. Se ressaisissant, l’aboleth reprit de plus belle ses coups de tentacule, ses attaques électriques et ses assauts psioniques. Grièvement blessé, il se téléporta pour s’éloigner des coups de trident et de lance. C’est alors qu’Ak’ash’eck lança une bille de métal qui éclata et enferma le prêtre de Ghaunadar dans une sphére de force qui l’emêchait de se déplacer même par téléportation. Il vendit chèrement sa peau mais, à bout de souffle, il ne réussit pas à esquiver la dernière attaque de Qilué, qui lui planta sa lame au milieu du front. C’est ainsi qu’avec beaucoup de stratégie de la part des héros de Myth Nantar et d’un peu de malchance de celle de Rp’dzyga’at, que celui qui aspirait à devenir l’Élu de Ghaunadaur courut à sa perte.

Ak’ash’eck ramssait les trois cristaux désactivés dans son sac magique pendant que Lage faisait de même avec les plaques de métal de l’armure dont l’aboleth s’était recouvert. Malgré la difficulté qu’un tel exploit représentait, Alak’Nael craignait qu’un fidèle de Gaunadaur ne viennent dans le gouffre ramener Rp’dzyga’at à la vie, surtout qu’une simple écaille pourrait suffir. Il fut donc décidé de ramener la carcasse du monstre à l’extérieur pour en disposer. Il fallut se mettre à quatre pour hisser le cadavre hors du gouffre de Ghaunadaur.

Tel que promis, les héros revinrent chercher Prunis avant de sortir. Elle espérait qu’ils acceptent son offre de se faire payer pour aller sauver son mari coincé dans Undermountain, mais d’autres tâches attendaient les héros de Myth Nantar. Utilisant l’eau qui couvrait le sol de Skullport comme conduit, un rituel amena tout le monde au temple d’Umberlee un peu à l’extérieur de Waterdeep. Prunis reprit le chemin de la ville et les héros eurent la bénédiction du prêtre Meritid Archneie pour aller jeter le corps de l’aboleth dans la fosse d’Umberlee, là où aucun fidèle de Ghaunadaur n’irait le chercher.

Il fallut ensuite repasser par les ruines de Skullport sans alerter les crânes magiques pour retourner au portail yuan-ti et se téléporter jusqu’au Bief de Vilhon. Un rituel plus tard et on serait de retour à Myth Nantar.

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Retour à Skullport

1 Homesong 1467 TS

De retour de l’Île des Pirates, les héros de Myth Nantar ne sont restés que quelques jours dans la Cité des Destinés, le temps d’une séance du Conseil où on déplorait la perte de Jorunhast, Ripple et Khuralos, mais qui entrevoyait l’avenir proche avec plus d’optimisme que dans les derniers mois.

Sachant que Rp’dzyga’at s’était dirigé vers le gouffre de Ghaunadaur sous la ville de Waterdeep, les héros ont d’embarqué à bord d’un bateau en direction du Bief de Vilhon et de la ville de Hlondeth. Quelques dizaines de kilomètres en amont, les ruines yuan-ti toujours désertes offraient un portail qui menait dans un sous-sol de ce qui restait de la ville souterraine de Skullport.

Selon les recherches d’Alak’Nael, le gouffre de Ghaunadaur pouvait être rejoint par des tunnels au nord-est de Skullport, à côté d’un temple qu’on appelait la Promenade de la Dame Noire. C’était là la même direction que l’esprit de drow d’Alak’Nael fixait sans arrêt lors de la dernière visite à Skullport.

La première étape consistait à se rendre là-bas sans se faire intercepter par les pillards et les morts-vivants qui infestent les ruines. Mais le plus grand danger restait les treize crânes immortels anciennement chargés de faire appliquer la loi et l’ordre dans la ville. Les yeux oints de pâte magique permettant de voir dans le noir, la route pu se faire sans s’annoncer à l’avance avec la lumière d’une torche. Longeant les murs dans les rues inondées, le groupe arriva à couvrir beaucoup de terrain sans se faire repérer, mais il fallait bien faire surface pour contourner un obstacle de temps à autre.

Éventuellement, le quatuor qui peine souvent à être furtif attira l’attention de deux des crânes enchantés qui filèrent pour leur bloquer le passage et les interroger. Comme la dernière fois, ils exigeaient un paiement d’un esclave, à défaut de pouvoir mettre la main sur un arcaniste puissant qui leur permettrait de sortir de la bulle de Skullport. Plutôt que de combattre, les héros ont cette fois choisi de négocier avec les crânes. BIen qu’ils ne craignaient pas pour leur vie, Lage et Ak’ash’eck ont fait comprendre aux morts-vivants qu’il était aussi dans leur intérêt d’éviter la bagarre. Ulucieounaou acheva de les soudoyer en leur offrant un des objets magiques trouvés chez le Capitaine Olegg. Satisfaits et occupés à analyser leur nouveau cadeau, les crânes on à peine vu les aventuriers filer hors de leur domaine.

Tout comme les rues de Skullport, le sol des tunnels qui en sortaient était couvert d’un peu plus d’un mètre d’eau. Éventuellement, le fond de l’eau réveillait une faille béante et boueuse d’au moins vingt mètre de profondeur, les rives peu éloignées décorées par les restes d’un socle de pierre taillée argentée. Sur le demi-bloc de la rive opposée se trouvait un lourd marqueur d’adamantine d’un mètre de haut. Alak’Nael sentait une puissante énergie nécrotique émanant de la chose. Loin devant, on voyait les fragments de mur, aussi en pierre argentée, d’un temple ou d’une citadelle détruit par l’effondrement d’une partie du plafond de la caverne.

Alors qu’ils analysaient l’aura magique de la stèle, un gros orbe blanchâtre et transparent s’approcha depuis un des tunnels voisins. De plus proche, on voyait qu’il avait une large gueule remplie de dents acérées surmontée d’un énorme oeil et de plusieurs tentacules. C’était un fantôme de tyrannoeil. Se présentant lui-même comme le Xanathar, il accusait les héros d’être des mercenaires envoyés par des rivaux pour le tuer encore une fois. Outre le fait qu’il existe un groupe criminel à Waterdeep nommée la guilde du Xanathar, rien de ce que disait le monstre ne faisait de sens. Ce fait, et celui qu’Il était déjà mort, ne l’empêchèrent pas de tirer à bout portant avec des rayons psychiques extrêmement douloureux. Il anima même des amoncellements d’armes abandonnées pour les doter d’une énergie nécrotique et les faire s’attaquer à ses prétendus assassins.

Avec la magie divine d’Ulucieounaou et Ak’ash’eck, particulièrement efficace contre les morts-vivants, les quatre guerriers arrivèrent à neutraliser la menace assez rapidement. La boule d’ectoplasme se dissipa, menaçant de revenir plus tard, mais pas avant plusieurs jours. C’est là qu’Alak’Nael remarqué une figure humanoïde dansant parmi les débris du temple plus au nord. De loin, elle ressemblait tant à son esprit protecteur que le chamane décida d’aller voir de plus près.

Même de proche, la ressemblance était frappante. Il s’agissait clairement de la silhouette d’une drow, vêtue uniquement du sabre argenté qu’elle tenait dans la main. L’image devenait parfois floutée comme s’il y avait de l’Interférence. On l’entendait fredonner un air tandis qu’elle dansait, ce qu’elle arrêta de faire seulement lorsqu’Alak’Nael et ses compagnons furent à un jet de pierre de la dame.

S’inclinant bien bas, elle se présenta, en elfe, comme Laeral Silverhand et avoua d’emblée qu’elle aimerait bien passer la nuit avec chacun des membres du groupe. Quand on lui fit remarquer que Laeral SIlverhand était une des figures les plus influentes de Waterdeep et, de surcroît, une humaine, la drow se corrigea en s’identifiant comme Qilué Veladorn, la petite sœur de Laeral Silverhand, mais maintint son opinion comme quoi Laeral aimerait certainement coucher avec chacun des quatre visiteurs.

S’en suivi une histoire difficile à suivre impliquant sept sœurs et quatre mères selon laquelle Qilué avait été de son vivant une des Élues de Mystra et celle d’Eilistraee. Elle avait été assassinée il y a une vingtaine d’année alors qu’elle était habitée par Eilistraee et avait malgré cela continué à servir servir Mystra en tant que fantôme, jusqu’à ce qu’arrive la Spellplague et que la toile magique de Mystra s’effondre, emmenant Qilué à ne devenir qu’un demi-spectre incapable d’interagir avec la matière autour d’elle ni de quitter les lieux de son ancien temple.

Elle reconnut en l’esprit d’Alak’Nael, sinon Eilistraee elle-même, du moins un écho ou un fragment de la déesse drow. Elle sentait qu’elle pourrait se joindre à elle et quitter enfin Skullport. Le fait que les héros combattaient activement le culte de Ghaunadaur acheva de la convaincre, elle qui avait autrefois empêché son avatar de sortir du gouffre situé tout près. Qilué et l’esprit dansèrent en tournant de plus en plus près l’une autour de l’autre jusqu’à ce que leurs silhouettes se confondent et qu’Il n’y en ait plus qu’une. En échange, elle demanda seulement au groupe de veiller sur une halfling blessé qui avait trouvé refuge dans les ruines la veille.

Dans une ancienne chambre de religieuse, une halfling fiévreuse dormait d’un sommeil agité. Sa jambe tordue laissait deviner une fracture sévère et ce n’est que l’adrénaline qui avait pu la faire marcher dessus jusqu’ici. Ak’ash’eck stabilisa l’os cassé pendant qu’Ulucieounaou préparait un antidote au poison qui la tourmentait. Une fois la potion administrée, la halfling se réveilla et reprit peu à peu ses esprits. Elle se présenta comme Prunis et ne parlait que le commun, mais comprenait tout ce que les gens disaient, peu importe la langue. Elle s’était retrouvée sue la Promenade après qu’elle et son mari aient été séparés dans el donjon d’Undermountain, entre les sous-sols de Waterdeep et les profondeurs de Skullport. Elle voulait retourner le chercher, mais elle ne serait pas en état de marcher avant quelques jours. Les poches pleines, elle offrit de payer les aventuriers pour qu’ils l’escortent vers Waterdeep, mais le problème en était un de temps plutôt que d’argent. Qui sait où en était rendu Rp’dzyga’at dans ses plans démoniaques. En état de nager sinon de marcher, elles convainquit le groupe de la laisser les accompagner jusqu’à ce qu’ils retournent vers l’extérieur, et de l’aider à retrouver son époux s’ils en avaient le temps. On lui chargea le prix du rituel de nage, en plus de celui de l’antidote et, armé d’une torche, on retourna vers le gouffre de Ghaunadaur.

Le gouffre peu étroit descendait verticalement dans une eau de plus en plus boueuse, au point de nuire grandement à la visibilité. Alors qu’on commençait à voir le fond, les sens d’Ak’ash’eck détectèrent la présence de trois grosses créatures fonçant vers eux. Il s’agissait de trois hydrodémons, des monstres visqueux vivant sur les niveaux inondés des Abysses. Alors qu’on luttait contre eux, deux autres démons plus petits, des kazriths semblables à d’énormes lamproies, surgirent du sol pour mordre Alak’Nael de leurs mâchoires dégoulinant d’acide. Il conjura un banc d’algue pour les immobiliser tandis que Lage les transperçait de sa lance.

Arrivés au fond, dans une eau rendue encore plus trouble par le mouvement du combat, on ne voyait plus qu’à un quelques mètres devant soi, mais on pouvait entendre, venant de toutes les directions à la fois, le champ grave d’une prière à Ghaunadaur prononcée dans la langue des profondeurs.

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Changement de régime à l'Île Pirate

- Hatice, capitaine pirate requin-garou

22 Alturiak 1397 DR
(17 Ilxensong 1467 TS)

Les derniers mois ont vu la montée et la chute d’un nouveau roi sur l’ Île des Pirate. Tout a commencé quand le Capitaine Olegg est revenu d’une longue expédition à l’intérieur des terres du Sud par le Bief de Vilhon. Déjà assez inhabituel qu’un pirate s’aventure aussi loin sur l’eau douce. À son retour, il avait perdu près du tiers de son équipage, dans des combats sanglants contre des hommes-serpents disait-il, et tous les survivants, à commencer par le Oleg lui-même, s’étaient grées de tatouages abstrait bleu métallique.

Connu pour être une sorte de pariahs parmi les pariahs, Oleg s’est pourtant mis à convaincre plusieurs capitaines de le soutenir politiquement; Oaksey de son plein gré, mais pas trop sûre pour ce qui est des autres. Quand le Roi Vurgrom a commencé à voir Oleg comme un rival gênant, il l’a provoqué en duel pour lui donner une bonne leçon mais, pendant le combat, Oleg a pris le contrôle de l’esprit du Roi et l’a forcé à se trancher la gorge avec son propre cimeterre. Des gardes du corps et des alliés de Murgrom qui se sont rués à sa défense, Oleg a stoppé le cœur à distance, faisant ses premières victimes et accédant au trône de l’Île.

Certains capitaines ont fomenté une mutinerie. J’étais au courant et j’aurais pu me joindre à eux, mais je préféré attendre et voir. J’ai peut-être manqué de courage, mais j’ai sans doute bien fait compte tenu du fait que tous ceux qui ont tenté de s’en prendre à a vie d’Oleg ont été retrouvé morts le lendemain, certains décapités comme par une énorme mâchoire à trois côtés. En guise de punition, Oleg a fait empaler tous les officiers des capitaines mutins et fait saisir leurs bateaux. Après ce jour, personne n’a oser contester ouvertement le règne d’Oleg.

Le carnage ne s’est pas arrêté là. Quand Oleg a voulu instaurer le culte de Ghaunadaur, le dieu des exclus, comme seule religion autorisée sur l’Île, les prêtres d’ Umberlee et de Valkur ont été les prochains à passer à se faire exécuter. Tout le monde s’est converti, du moins en façade. Puis ce fût le tour elfes, des demi-elfes et des lycanthropes, donc le mien.

On m’aurait probablement empaplé sur un pic le lendemain si le vieux Oaksey n’avait encore un peu l’oreille d’Oleg. On dira ce qu’on voudra du vieux pervers, mais il ne supporte pas qu’on abatte une femme. Déjà que les deux prêtresses d’Umberlee y étaient passées…

Ce qui fait que je me suis retrouvée poussée à la pointe d’une arbelète vers un bateau censé m’apporter sur la côte du Turmish au petit matin, cachée dans la cale avec Satuhar, qui a hérité quelques traits de son père requin-garou, et Clendary, la magicienne demi-elfe, qui, comme moi, ont commis le crime de ne pas naître la bonne race. Ça nous laissait la vie sauve, mais je me retrouvais à perdre mon titre de capitaine, mon bateau et mon équipage, sans parlé des dizaines de milliers de pièces d’or de trésor accumulé au fils des ans. Au lieu de ça, je me retrouverais obligé de refaire ma vie à terre avec rien d’autre qu’une hache, une armure de cuir et une demi-bourse de pièces d’argent. À trois, on aurait pu se débarrasser de notre escorte, mais pour aller où.

C’est à quelques pas du navire qui nous attendais que la lumière de Selûne s’est reflétée sur les écailles d’une sirène en armure qui s’est glissée sous le quai. Connaissant la haine d’Oleg pour les créatures marines, Bill a ordonné à ses laquais de tirer sur elle pour la faire fuir, sauf qu’elle n’était pas seule. Un elfe marin et un locathah, eux aussi en armure et avec des symboles d’Umberlee, sont sortis de sous le bateau et se sont mis à attaquer les pirates d’Oaksey, le premier à coups de trident et l’autre en lançant du vent et des éclairs à partir de son bâton.

Voyant notre seule porte de salut sur le point de disparaître, on s’est regardées, les deux autres filles et moi, et on a fait ce qu’on a pu pour protéger l’équipage, histoire de montrer à Bill qu’on était bien de son bord à lui, sauf que les marins tombaient les uns après les autres.

Le locathah, qui parlait quelque mots de commun, essayait de nous convaincre de nous joindre à Umberlee ou quelque chose du genre. Sans être une lumière, Bill s’avait qu’il n’était pas de taille et a ordonné à ses hommes de battre en retraite. C’est qui a changé de camp la première; pour être sûre que l’alerte ne soit pas donnée, elle a gelé les bottes de Bill dans un écrin de givre, ce qui a permis à l’elfe de le rattraper. Après qu’ils eurent tués huit marins armés devant nos yeux, j’ai réussi à négocier notre reddition puisqu’ils ne semblaient pas aussi déterminés à nous tuer, nous.

Je leur ai fait signe de nous suivre dans un des hangars du quai et, un rituel de Clendary plus tard, on pouvait tous se parler plus clairement. Les trois étaient venus s’en prendre personnellement au Roi Oleg, ou plutôt à son maître. J’avour que ça m’a fait sourciller étant donner qu’Oleg ne sert personne d’autre que lui-même, à part peut-être Ghaunadaur, mais il paraît qu’on voulait parler de quelque d’autre. C’est vrai que beaucoup de capitaines disaient avoir entendu Oleg discuter avec un mystérieux conseiller à l’abri dans ses quartiers, probablement par magie, mais personne ne l’avait jamais vu.

Le locathah a sorti une drôle de boule turquoise de son sac et lui a posé quelques questions. Une face hideuse est apparue à la surface et lui a dit que le maître d’Oleg ne reviendrait pas avant que la mission qu’il lui avait confiée ne soit complétée, et puis après que cette mission était de bombarder Myth Nantar, la même ville sous-marine d’où les trois tueurs aquatiques disaient venir. Ça expliquerait la quantité phénoménale de poudre à canon qui étaient entreposée sur les quais, dans des barils étanches près à être allumés, et les ateliers de fabrication supplémentaires ouverts depuis quelques semaines, et aussi pourquoi ils étaient sur le point d’être chargés sur des navires sans catapultes.

Pour autant que je puisse dire, le seul qui en saurait plus sur ce mystérieux maître serait Oleg lui-même et, comme je m’y attendais les visiteurs étaient très intéressés à lui parler directement. Je leur ai expliqué qu’Oleg tenanit des soirées dans l’amphithéâtre où il proposait à n’Importe qui parviendrait à survivre à son zoo de le provoquer en duel singulier. Par zoo, il entendait un mastodonte des ombres capturé je ne sais où et de créatures boueuses en armure supposément prêtées par Ghaunadaur lui-même.

On a donc guidé les trois visiteurs (dont deux marchaient terriblement lentement avec leur armure) à travers un isthme reliant deux des anciennes îles, jusqu’au cœur de l’Île, là où se trouve le Fort d’Immurk. Des cris venant de l’amphithéâtre indiquait que quelqu’un avait décidé de défier Oleg une fois encore. Au son, ça n’allait pas bien pour lui ou elle. Pendant qu’on se mettait à l’abri pour peser nos options, les trois guerriers de la mer sont allés directement à la porte de l’arène pour héler un des gardes et demander à être les prochains compétiteurs. Une dizaine de minutes plus tard, quelqu’un est revenu leur ouvrir grand les portes. À l’intérieur, le sol était maculé de sang et un espèce de croisement entre un gorille et un scarabée grignotait les restes d’un cadavre. À l’approche des trois guerriers, il a disparut dans un terrier.

J’aurais aimé voir le combat qui a suivi, mais les portes se sont vitre refermées. J’ai entendu Oleg dire aux nouveaux venus de prendre place au centre de l’arène, puis un coup de gong a retentit et le combat a commencé quelques secondes plus tard, enterré sous les encouragements et les huées de la foule. Selon ce que je comprends, deux élémentaires de boue s’étaient joints au mastodonte heureusement déjà blessé. Contre toute attente, les combattants de Myth Nantar sont venus à bout des monstres, mais Oleg n’était tout de même pas pour tenir parole; il a ordonné à ses gardes dans les gradins de tirer sur les vainqueurs.

J’ai seulement compris la moitié des mots du discours en commun de la part du prêtre locathah qui a suivi mais, dans tous les cas, il a déclenché une émeute dans les gradins. Plusieurs gardes personnels d’Oleg ont été balancés par-dessus les murs, s’écrasant dans une flaque de sang sur le sol de pierre trois étage plus bas. Par les portes de l’arène, ouvertes par des spectateurs qui voulaient fuir la bataille, j’ai vu le locathah tirer dans les gradins à coup de lumière bleue, la sirène un des gardes postés à côté du trône d’Oleg d’un coup de lance dans le vide et l’elfe grimper jusqu’à la plateforme en s’accrochant à une bannière, mais le roi avait déjà déserté son poste.

D’où on était cachées, on a vu Oleg fuir vers l’est avec un grand contingent de garde du corps et deux élémentaires en armure. On a intercepté un de ses lieutenants qui allait dans la même direction et qui s’est gentiment laissé persuader de répondre à nos questions. Comptant sur l’aide de son mystérieux allié pour rester au pouvoir, il s’en allait tenir sa part du marché en appareillant avec les navires pleins de bombes pour faire sauter Myth Nantar.

Me disant que ça intéresserait nos nouveaux amis, on est allées rapidement vers la sortie de l’arène où on est retombées sur eux. Ils voulaient évidemment rattraper Oleg, mais impossible pour les plus poissons d’entre eux de courir assez vite. Le locathah a convaincu Satuhar de le porter sur ses épaules. Son sang de lycanthrope lui donnait la force de transporter le prêtre, mais il était impossible que j’arrive à courir avec la sirène et son immense queue dans les bras. Elle est donc montée dans une carriole tirée par un bœuf qui sert normalement à débarrasser les cadavres de l’arène. Ça n’allait pas vite au départ, mais le bœuf a accéléré le pas à mesure que les cadavres étaient jetés par-dessus bord. Malgré son armure, l’elfe gardait le rythme. S’il a commencé à flancher une demi-heure de course plus tard, après que j’ai repris le poids du locathah, il a utilisé quelque sorte de magie divine et s’est tout de suite senti mieux.

On a rattrapé notre proie et sa garde rapprochée sur la mince bande de terre menant au port où étaient stockés les explosifs. La sirène et le locathah se sont jetés à l’eau pour rattraper le capitaine à la nage. Il pensait peut-être s’en sortir en leur envoyant ses élémentaires, mais l’elfe les a engagés en mêlée, laissant le champ libre à ses alliés. Le locathah a invoqué le vent d’Umberlee pour attirer Oleg vers nous et Clendary lui a fait le même coup qu’à Bill, gelant ses pieds pour l’empêcher de fuir. Il était temps pour Satuhar et moi de foncer dans le tas et de s’occuper des gardes qui couvraient Oleg avec leurs sabres et leurs arbalètes. Oleg m’a lancé quelque chose au visage et je l’ai senti prendre le contrôle de mes muscles. J’allais frapper la sirène de ma hache quand elle m’a fait reprendre mes esprits d’un seul cri. Oleg s’est rapidement retrouvé seul et, même s’il envoyait vague après vague d’énergie psionique que je sentais faire raidir les muscles de mes bras et de ma poitrine de l’intérieur, il n’avait aucune chance à six contre un.

Il a fini par plaider pour sa vie, ce que, à ma grande surprise, les trois serviteurs d’Umberlee ont accepté. Il a finit par tout cracher à propos de son maître, apparemment un ancien aboleth élu de Ghaunadaur. Pendant qu’Oleg bombardait Myth Nantar, il serait parti ouvrir la porte à l’avatar de son dieu là d’où il avait failli sortir il y a sic siècles, quelque part sous la cité lointaine de Waterdeep. Je ne suis pas du genre à pardonner et, quand les gens de la mer ont eut arrêté de lui posé des questions, j’ai pris ma hache et l’ai enfoncée dans son torse, tout comme Satuhar, qui a eu la même idée en même temps, en me hurlant que je l’offrais en sacrifice à Umberlee. Grâce à un anneau magique qu’il portait, il a survécu à un coup qui aurait été fatal, mais j’ai alors senti mon sang bouillir et, même si Selûne n’était pleine qu’à moitié, j’ai senti ma mâchoire se disloquer et mes crocs s’aiguiser. J’ai achevé Oleg en lui arrachant le côté de la face à pleines dents. L’elfe d’Umberlee a pris son corps et l’a lancé aux requins dans l’eau de la mer. Je me suis jointe à eux. C’était la chose la plus délicieuse que j’aie un la chance de goûter.

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Au revoir Xxiphu

8 Ilxensong 1467 TS

Après avoir pris le temps de détruire les œufs d’aboleths et de récupérer un peu, les aventuriers s’avaient que des aboleths débarqueraient bientôt pour terminer le travail que le superviseur de la couveuse avait commencé avant de prendre la fuite. Comme de fait, quelques minutes plus tard, de nombreux bruits de pas indiquaient que des ennemis s’approchaient par l’unique issue de la pièce, probablement accompagnés d’un ou plusieurs aboleths.

Sachant qu’ils se trouvaient à seulement un étage au-dessus de l’antre du maître Pp’arye’stak, Ulucieounaou eut l’idée d’utiliser les cristaux dont les aboleths et leurs serviteurs se servaient pour traverser les murs de Xxiphu et de plonger à travers de plancher. Ce faisant, les quatre héros se retrouvèrent dans un corridor familier qui faisait le tour de la salle du maître. Des sons d’explosion indiquaient que, plus bas dans la forteresse, d’autres combats avaient lieu.

Estimant qu’une bonne partie de la force de frappe était partie à leurs trousse, les héros se sont dit que c’était le moment idéal pour s’attaquer au maître des lieux. La tentative d’Ak’ash’eck d’entrer sans être vu s’est avérée infructueuse vu le grand nombre de skums affairés à récolter des cristaux dans la pièce centrale. En plus de ces esclaves, seuls deux aboleths montaient la garde autour du maître. Ce dernier tenait dans ses tentacules un sceptre, une canne et une baguette magiques. Si cet équipement en faisait un adversaire plus redoutable que lors de la dernière rencontre, les héros avaient eux aussi gagné en puissance depuis.

Les deux gardes bloquaient le chemin pendant que le maître tentait une fois encore de prendre le contrôle de l’esprit de Lage, mais sans succès cette fois-ci. Une fois ses deux gardes du corps éliminés, le maître se résolut à utiliser un mélange de magie divine, arcane et druidique tout en essayant de fuir à nouveau sa salle du trône. Ak’ash’eck le talonnait pour s’assurer qu’il ne puisse pas s’éloigner et Alak’Nael envoya son esprit donner le coup de grâce au maître.

Quelques secondes plus tard, la cité toute entière se mit a vibrer et les murs à onduler. Les quatre compagnons se mirent d’accord pour quitter les lieux au plus vite. Distribuant les derniers cristaux permettant de traverser les murs, Ulucieounaou mena la charge vers l’extérieur. Dans un corridor, le groupe tomba nez à nez avec un aboleth accompagné de morkoths morts-vivants et d’un elfe décapité, assurément le malheureux Keryth Adofaer. On aurait pu rester pour rapporter son corps et lui donner une chance d’être ramené à la vie mais, l’ondulation des parois augmentant en intensité, on craignait de ne pas réussir à sortir avant qu’il ne soit trop tard. Abandonnant le Haut mage à son triste sort, le quatuor fila vers l’extérieur de Xxiphu, où des dizaines de krakens, veaux-de-lune et autres monstruosités combattaient les forces de l’Alliance de Myth Nantar.

La silhouette de Xxiphu dans le ciel devenait de plus en plus floue puis disparut tout d’un coup. À ce moment, toutes les aberrations qui nageaient dans airs tombèrent dans la Mer de Lune. Les quatre héros en firent de même, mais eux ne furent pas accueillis par des centaines de lances et de tridents prêts à les transpercés. Quelques minutes plus tard, la Mer de Lune était rouge de sang et il ne restait plus aucune trace de Xxiphu. De Jorunhast, Ripple et Khuralos non plus, d’ailleurs, et même la magie ne parvenait pas à entrer en communication avec eux.

Pour en savoir plus, et le plus rapidement possible, les héros ont suivi les indications d’Alak’Nael et ont nagé jusqu’à la ville indépendante de Thentia, sur la berge nord du lac. Arrivés trop tard pour être reçus par qui que ce soit, ils ont passé la nuit à l’auberge et ce n’est que le lendemain matin qu’ils ont pu avoir une bonne vue de la ville.

En plus des bâtiments communs aux villes de la surface, Thentia était composée d’un grand nombre de tours de quatre étages ou plus, comme celles qu’aiment se faire construire les mages. Bien qu,essentiellement peuplée d’humains, certains d’entre eux étaient si excentrique dans leur habillement qu’une sirène et un locathah passaient presque inaperçus au milieu de la foule.

Référés à une supposée spécialiste des aberrations, les aventuriers sont tombés face à face avec une sorcière d’apparence étonnamment jeune et entièrement vêtus de flammes froides au lieu de vêtements. Elle accepta de s’entretenir avec les visiteurs venus de Serôs et leur confia que, d’après ses calculs, le vent poussait très légèrement Xxiphu vers l’ouest au-dessus de la Mer de Lune et que l’obélisque continuerait dans cette direction dans le plan de la folie jusqu’à potentiellement réapparaître sur le plan matériel. Difficile de dire combien de temps cela prendrait dans le plan de la folie ou combien il faudrait attendre ici car le temps s’écoule différemment des deux côtés et de façon plutôt aléatoire. Quand les héros firent part de leur intention d’aller au secours de Jorunhast et des autres, la sorcière utilisa tous les arguments dont elle disposait pour les en dissuader. S’il était techniquement possible d’ouvrir un portail vers le plan de la folie, beaucoup ayant tenté de s’aventurer de l’autre côté n’en étaient jamais revenus et, des rares à avoir accompli cet exploit, aucun n’était jamais revenu sain d’esprit.

La seule bonne nouvelle de la journée venait dun contact réussi avec la Dame Blanche. Depuis la disparition de Xxiphu et la mort de son maître, l’affaiblissement du mythal de Myth Nantar aveit nettement ralenti, si bien qu’elle et Pharom Ildacer devraient parvenir ensemble à renverser la vapeur. Par contre, le banc de corail magique recouvrant une bonne partie des bâtiments de la ville continuait à pourrir et à se dégrader.

Les héros utilisèrent leur rituel de téléportation pour rentrer à Myth Nantar et faire un rapport détaillé aux dukars influents restants, puis décidèrent de profiter de l’absence prolongée de Qwenyn Shesal pour infiltrer une fois de plus la tour de Blackgate. Réquisitionnant tous les parchemins d’excavation disponible dans la tour et en achetant quelques autres chez Ethras Xhuur, ils creusèrent un tunnel sous les fondations de la tour et apparurent dans son sous-sol. Au milieu de la pièce, dans un grand dôme de verre aux parois épaisse, se trouvait la sphère d’évolution accélérée qui avait déformé Ak’ask’eck, Ulucieounaou et Lage dans la voûte d’objets maudits des tritons. Ayant avancé à l’aveuglette lors de l’excavation de leur tunnel il ne s’en était fallu que d’un mètre ou deux pour que le groupe ne se soit retrouvé à l’intérieur du dôme.

Alors que les quatre héros se questionnaient sur les intentions de Blackgate, un ghaunadan pris l’apparence de ce dernier et demanda tout haut ce que les intrus venaient encore fouiner dans ses affaires. Il ne se cachait pas d’avoir récupérer la sphère après l’incursion des héros dans la voûte d’Ahlorsath et clamait en avoir besoin pour accélérer ses expériences sur la création de la vie, qui pourraient autrement prendre des décennies, voire des siècles.

Shesal indiquaient aux héros qu’ils feraient bien mieux de s’inquiéter de Rp’dzyga’at, l’aboleth prêtre de Ghaunadaur qui aspirait à devenir l’élu de son dieu et qui ne se trouvait pas à Xxiphu au moment de sa disparition. Il aurait apparemment un antre secondaire sur l’ Île des pirates, dont il aurait dominé le chef à l’aide de ses pouvoirs psioniques. L’île abritant environ quatre mille hommes et femmes en état de sa battre, ce n’était évidemment pas le genre d’endroit où on débarque armes sortis et où en s’en sort en frappant tout ce qui bouge, ce qui laissa suggérer à Blackgate qu’il vaudrait sans doute mieux laisser ce genre de mission à quelqu’un d’autre pour une fois.

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