Aventures serosiennes

Problèmes de cadrage

- , Qos, parangon de l’Ordre Maalirni

30 Umbersong 1465 TS

Ce serait un euphémisme de dire que les dernières vingt-quatre heures ont été désastreuses pour la sécurité de Myth Nantar. Les pièces de la Glace sashélane enfin réunies auraient pu nous fournir un atout considérable contre la menace extérieure des aboleths de Xxiphu, mais c’était sans compter sur la présence discrète d’une menace intérieure peut-être aussi grande.

Les quatre fragments de miroir ont été apportés à la salle du Conseil avec tout le sérieux et le protocole approprié à ce genre de cérémonie dominée par les elfes. C’est le cadre qu’on aurait dû surveillé plus étroitement. Alors que tout le monde le croyait en sécurité dans la salle du Conseil, un greffier de Ri’ola’kirk a remplacé le cadre par quelques planches enchantées pour que le subterfuge ne soit visible qu’une fois enlevé le drap recouvrant le cadre retiré, ce qui n’allait arriver qu’à mi-chemin de la cérémonie du Conseil.

Le greffier a apporté le vrai cadre dans un local adjacent, où il a été assassiné par un garde du corps de Nalos de Pumanath, qui a pris possession du cadre puis attendu le tout début de la réunion pour quitter les lieux, multipliant les fausses pistes.

Au moment où les membres du Conseil ont réalisé l’absence du cadre, tout le monde commença à s’accuser les une les autres de vouloir garder la magie du miroir pour eux, d’être de mèche avec les aboleths et plus encore. Par chance, le dukar Alak’Nael Landaal Cornwallis et ses amis, qui avaient aidé à récupérer deux des quatre fragments de verre, se trouvaient dans les tribunes.

À suivre…

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La Fin d'un trou

- ?

13 Umbersong 1465 TS

Toute ma vie durant, j’ai accompli mon devoir de gardien, veillant sur le fragment d’artefact que mon père m’avait légué, comme son propre père l’avait fait avant lui. Moi, je n’ai pas eu de fils. J’ai hésité à transmettre la responsabilité à ma fille unique, mais les dieux ont refusé de m’en libérer. Sans l’intervention de Sashelas et Labelas Enoreth, j’aurais sans doute quitté Serôs il y a un siècle ou deux pour aller rejoindre mes ancêtres du Cormanthyr. Entre les nations de Selu’Maraar et d’Eadraal, presque coupé du monde, toujours je veillais.

Même l’annihilation de mon village par les contrecoups d’un cataclysme planétaire n’a pas pu mettre fin à l’antique contrat. Par ma fenêtre, j’ai vu périr un à un tous mes voisins, tous mes amis, ensevelis sous la pierre ou les débris de leur propre demeures, sinon écrasés peu à peu par la pression des abysses. Ma fille et un de ses amis étaient partis chasser loin du village ce jour-là: peut-être ont-ils évité le sort des autres. Moi-même n’ai pas pu survivre à une telle catastrophe, mais même la mort n’est pas une excuse valable pour fuir un pacte avec les dieux.

Pendant de longue année, le froid, la solitude et les ténèbres absolus étaient mon lot quotidien. Très rarement, de petits groupes de shalarins éclairés par du corail magique venaient ramasser tout objet de valeur qu’ils pouvaient trouver. Par la grâce de Fenmarel Mestarine, je les voyais venir une heure à l’avance. Certains s’en sont mis plein les poches. Quelques-uns sont morts attaqués par quelque créature des profondeurs. Aucun n’est entré chez moi; je n’ai pas eu à faire en sorte qu’ils ne repartent pas vivants.

Puis, tout a changé en l’espace de d’un mois. Ou peut-être d’une semaine. Difficile de compter les jours sans Soleil ni étoiles, car le ciel s’est d’abord couvert de sorte que même l’ouverture du gouffre où se trouvait autrefois mon village se vit plongé dans la noirceur totale. Quelques jours plus tard, une nuée de tritons et de shalarins est arrivée d’un coup. Certains ont tenté de voler mon artefact: j’ai dû les tuer. Je n’ai pas eu à faire faire la même chose pour chacun d’entre eux: des guerriers sahuagins descendus peu de temps après s’en sont chargé. C’est contre eux que j’ai dû déchaîner mes blizzards. Les survivants n’ont jamais pu quitté le ravin, interceptés plus haut par un aboleth et ses esclaves. Les sahuagins n’ont éliminé les sbires que pour prendre leur place après avoir été couverts du mucus psionique de l’aberration préhistorique. Pendant tout ce temps, avant même que les sahuagins ne se soient rendus dans les décombres de mon village, un groupe d’ogres et de trolls avait établi un campement camouflé au-dessus de l’ouverture du gouffre, préférant probablement embusquer les pillards à la sortie plutôt que d’affronter la pression eux-mêmes.

Les choses ne s’arrêtent pas là. Une centaine de mètres plus haut, l’aboleth est tombé nez à nez avec un groupe de pillards composé d’un demi-humain, un malenti, une genasi, un locathah et une shalarin. Le monstre psionique s’est sans doute senti menacé, aussi a-t-il envoyé ses jouets à l’attaque pendant qu’il profitait de la mêlée pour s’enfuir.

Un certain temps plus tard, le groupe dépareillé étaient en train de fouiller les ruines, inspectant tour à tour les cadavres de tritons et de shalarins. Quand je les ai vus approcher de mon antre, j’ai vite senti qu’ils étaient là eux aussi pour mon trésor, une hypothèse vite confirmée. J’ai alors “emprunté” la force des quelques explorateurs tombés autour de moi pour les envoyer attaquer les intrus. Aucun d’entre eux n’était un grand guerrier, malheureusement, et même en concentrant mes énergies magiques aussi rapidement que je le pouvais, les ennemis ont avancé vers moi et l’un deux a réussi à me briser la nuque et à me transpercer la poitrine.

Le trésor de mes aïeux m’a été arraché des mains et les voleurs sont vite repartis vers la surface où ils furent bien évidemment embusqué par les géants, plus forts qu’eux et bien moins à bout de souffle. La fuite semblait la seule option, mais les puissantes jambes des ogres leur donnent aussi un avantage sur ce point. Alors que la mêlée semblait inévitable, l’ombre qui cachait le ciel depuis des jours et des jours disparut en un clin d’œil, révélant un Soleil à son zénith ainsi qu’un banc de marsouins venus emporter les bandits loin d’ici.

À ceux qui se demandent comment je fais pour continuer à écrire après m’être fait empaler, j’aimerais rappeler que j’ai déjà perdu la vie il y a une dizaine d’année dans la destruction absolue de mon village. Tout ce qui m’arrive depuis n’est possible que par la grâce des dieux, et une attaque qui n’arrive même pas à décapiter complètement un pauvre vieillard n’est rien comparé à leur infinie puissance. Cela dit, ils sont déjà en train de me retirer leur puissance, Sashelas et Labelas m’en laissant sans doute tout juste assez pour que je puisse terminer mes écrits. J’ai peut-être échoué dans ma tâche de léguer mon artefact à un un héritier elfe, mais je sais que j’irai bientôt rejoindre mes ancêtres sur Arvandor.

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Ma ville natale

- Veilen Ytham, Grand officier des Pilliers du Trident à Velyraar

30 Roamsong 1465 TS

Hier soir, la ville a reçu la visite de quelqu’un dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis très longtemps. Il y a plusieurs années, une jeune recrue du temple, à l’époque plutôt prometteuse, s’était apparemment mis à suspecter Doric Alastarra, le grand prêtre de Sashelas de l’époque et aussi un de mes plus proches amis, de trahison face à l’ennemi ou quelque chose du genre. Au lieu d’en parler à un ou l’autre de ses supérieurs, le jeune Ak’ash’eck a choisi d’agir vite et d’agir seul, confrontant directement le prêtre et menant à la mort de celui-ci. Je suspecte même qu’Ak’ash’eck ait prémédité l’assassinat: en combat singulier, le jeune n’aurait eu aucune chance de l’emporter.

Des agissements de la sorte auraient facilement valu l’exil définitif mais, compte tenu de la dévotion d’Ak’ash’eck envers la cité, l’Alliance et l’église, de même que de son comportement jusque là exemplaire, j’ai préférer convaincre les autres de lui laisser la chance de demander le pardon et d’expier ses pêchés, mais le jeune n’a même pas voulu reconnaître qu’il avait le moindre tort. Le lendemain, il avait déjà fui la ville avec son arme de service. J’ai ouï-dire beaucoup plus tard qu’il s’était installé à Myth Nantar, puis plus rien… jusqu’à hier.

Avec des compagnons de voyage tous aussi dépareillés qu’on puisse l’imaginer, il a trouvé logis bien à l’écart des murs de la cité elle-même. J’aurais pu trouver une excuse pour l’arrêter mais, tant qu’il restait hors de la ville, les choses étaient plus compliquées. Je crois que certains de ses alliés se sont promenés en ville pour mener une enquête, en particulier sur Aran Ethranieu, un riche marchand, qui se trouvait à être très proche de Doric et moi dans le temps.

Le reste des événements déboule rapidement. Les six compagnons ont une rencontre avec un groupe de dauphins et de marsoiuns, qui attaquent rapidement les gardes à l’extérieur de l’entrepôt principal de la compagnie d’Aran. Profitant de la distraction, les étrangers se faufilent dans les bâtiments, armes à la main. Le reste est plus flou encore, du moins pour le moment. Au où les autorités sont arrivée, une porte cachée entrouverte au fond d’un entrepôt révélait ce qui semble être une caverne transformée en temple dédié à Sekolah. Les carcasses de deux dauphins éventrés étaient encore attachées à l’autel. Dans le reste de la caverne, une dizaine de cadavres elfes ou malentis, certains en forme hybride de requins-garous. Même parmi les squalanthropes, certains étaient apparemment des employés d’Aran. Évidemment, Aran lui-même gisait mort dans un recoin, à peine reconnaissable après les coups de diverses natures qu’il a dû recevoir.

Quant à Ak’ash’eck et ses compagnons, des témoins ont dit voir partir un groupe de six cavaliers en direction du nord tout juste avant l’arrivée sur les lieux des forces de l’ordre. Il serait difficile de les suivre, mais il faudrait d’abord s’entendre pour savoir si la chasse en vaudrait la peine.

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Le Casse

- Inspecteur Blum Bomb-Ray, commissaire adjoint des forces de police d’Erebos

13 Uktar 1395 DR
(24 Roamsong 1465 TS)

Enèsra Pluni a encore frappé. Elle nous avait encore prévenu à l’avance de son coup, mais on n’a rien pu y faire. Le morceau de miroir du professeur Threta a disparu, et impossible de dire si on le reverra un jour.

Le puits de lumière a été forcé, l’alarme désactivée, les gardiens mécaniques estropiés; tout pointe vers une infiltration simultanée sur plusieurs fronts. J’avais l’impression que Pluni agissait toujours seule mais, au fond, est-ce que je la connais vraiment? Elle pourrait bien avoir des complices.

Sauf que, à part elle, qu’est-ce qu’on a d’autre comme suspect? Il y a bien ces étrangers venus du fond de la mer et qui posaient beaucoup de questions sur le musée de l’Université dans les heures avant le vol mais, que je sache,. la lettre de Pluni est arrivée dans nos main avant même que les étrangers ne mettent les pieds en ville. Ça ne clique pas.

Tout indique que la voleuse a fui le musée par les égoûts, trouvant le moyen de retenir son souffle pendant deux coins de rue. Suivre les cours d’eau jusqu’à la falaise nous a bien conduit vers elle, et aussi au groupe d’étrangers dont je parlais plus haut. Sauf que, si c’était ses alliés, la relation a vite tourné au vinaigre parce qu’ils étaient en train de se batailler avec tout ce qu’ils avaient. Et puis, pour compliquer les choses, il y avait aussi deux taureaux enragés dans le combat.

Avant qu’on n’arrive assez proche pour intervenir, Pluni a fait une sortie de scène comme elle seule en a le secret, effectuant le saut de l’ange et disparaissant sans laisser de traces. Un des étrangers, un elfe marin, s’est jeté pour la rattraper, plongeant à travers le roc de la falaise (pas par dessus ou autour). Sauf que, au lieu de Pluni, il est remonté à la surface de l’eau avec un autre elfe marin ligoté. C’est à n’y rien comprendre et en plus l’autre elfe ne comprends même pas le commun.

Bref, on n’a ni voleuse ni miroir et un a l’air d’une grosse bande d’incompétents. Faute de cambrioleuse étoile, notre meilleur piste reste le groupe d’étrangers, mais on n’a rien contre eux. Leur histoire sent mauvais et je pourrais facilement faire jeter en tôle pour la moindre offense mais, que je sache, ils n’ont enfreint aucune loi. À part peut-être voies de fait, mais je doute qu’Enèsra Pluni revienne porter plainte contre eux. Et puis je ne peux pas me permettre de laisser sortir le mot que la police garde des gens prisonniers sans justification. On a déjà assez de mal à se faire respecter par la population comme ça.

L’interrogatoire n’ayant pas donné grand chose, j’ai été obligé de laisser filer les étrangers. Et l’autre elfe aussi. Que je sache, ils sont partis dans l’est, vers la Baie de Chessenta. Pas que ça m’aide vraiment de savoir ça. Tant que ce n’est pas en Akanûl, ce qu’ils font n’est plus de mes affaires.

Je jure que je t’aurai la prochaine fois, Enèsra Pluni.

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Mila

- ?

7 Roamsong

Ri’ina’tate est à Myth Nantar. Nous en avons obtenu la confirmation il y a quelques mois déjà. Pas de trace d’elle en ville, mais elle y est. De ce que je sais d’elle, une fausse identité est probable. Nous avons envoyé Mila à sa recherche. Subtil, beau parleur, cette mission aurait dû être un jeu d’enfant pour lui.

Sauf que, occupé qu’il était à trouver quelqu’un, il n’a pas réalisé qu’il était lui-même suivi. Pour ce que j’en sais, ses gardes et lui n’ont même pas eu la chance de se défendre. Toujours est-il qu’il s’est fait traîner dans l’épave d’un vieux navire de la surface. Des salauds. Des crottés. Nous en veulent-ils à nous ou se sont-ils seulement servi de Mila pour avoir accès à Tate?

N’empêche: elle a finit par mordre. Ka’ana’mycine qu’elle s’appelle. Sa nageoire est devenue rouge. Pas sûr de comprendre, mais j’aime bien. Pendant le moment où elle se laissait berner, elle semblait d’accord avec nos plans tels que racontés par le mécréant qui se faisait passer pour Mila. Tant mieux.

Pas une seconde trop tard, elle a finit par voir clair dans leur jeu. Heureusement pour elle, elle a amené des alliés en soutien. Ensemble, il l’ont emporté. Et trouvé les corps de Mile et ses gardes dans des caisses. Ils ont mis le salopard à leur place pour l’amener à une autorité. Pas sûr laquelle. Sauf que la fripouille ne leur a pas laissé cette victoire et s’est tranché la gorge avec un morceau de verre avant d’arriver à destination.

C’est vrai qu’on pense recruter Tate dans le Panthéon. Et qu’elle semble plutôt réceptive à l’idée d’occuper le siège de Gon. Qu’est-ce qu’on fait? Est-ce qu’on la contacte? La rencontre? Est-ce qu’on attend? Pas sûr qu’on ait le choix; elle part pour la surface demain.

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Nécropole

- Princesse Arina, représentante merfolk au Conseil de Myth Nantar

5 Sekolsong 1465 TS

Voilà près d’un mois que Sharna est officiellement invitée d’honneur, mais techniquement prisonnière politique dans le Fort aux sept spires. Un mois d’attitude généralement polie, mais incroyablement froide et inflexible. La seule fois où j’ai vue ma nièce près de craquer était quand on l’a amenée (sous force escorte armée) au chevet de mon père et son grand-père, le roi Vhaemas.

Mon père avait pourtant réussi à convaincre celui de Sharna, Vhaemas II, dit le Bâtard, de changer de camp alors même que ce dernier avait rejoint les forces de Iakhovas. Si seulement il était possible de communiquer avec le roi, je suis sûre que Sharna comprendrait. Malheureusement, la seule personne ayant entendu les arguments que Vhaemas a donnés à son fils illégitime est Vhaemas II lui-même. Il a été tué par Iakhovas dans le même combat qui a vu notre père tomber dans un profond coma, mais sa dépouille doit encore se trouver quelque part dans les ruines de Voalidru.

Le plan insensé que j’ai concocté, pratiquement certain de rencontrer l’opposition de tout le monde en ville, est d’amener ma nièce Sharna jusqu’à Voalidru, de trouver le cadavre de mon demi-frère et d’y utiliser de la magie pour découvrir ce que mon père lui avait dit pour le convaincre de changer de camp.

Comme je ne peux pas compter sur l’appui du conseil, des dukars ou même de mon frère Mirol et que Voalidru est maintenant la demeure de milliers de morts-vivants, les options de gardes armés sont plutôt limitées. Je ne peux faire appel aux gardes de la ville, aux guerriers dukars, aux soldats de l’Alliance ou à ceux d’Eadraal. Il resterait les forces des shalarins ou plusieurs mercenaires peu recommandables, mais j’ai choisi de me tourner vers les héros qui nous ont tant aidé, Roaoum et moi, lors des problèmes avec les ixitxachitls il y a deux mois. L’un d’eux est membre des dukars et je m’attends à ce qu’il leur raconte tout à notre retour mais, tant qu’il ne nous empêche pas d’effectuer la mission, je vais m’en contenter.


10 Sekolsong 1465 TS

J’ai moi-même du mal à y croire, mais le plan a marché. Tout a même été beaucoup plus facile que ce à quoi je m’attendais.

La première priorité était de s’assurer de la coopération de Sharna : un jonglage difficile entre se la mettre à dos et lui laisser la chance de s’échapper. Déjà là, les héros m’on donné un sérieux coup de main en la convainquant de poursuivre la quête jusqu’au bout.

Sitôt arrivés à Voalidru, nous avons rencontré une bande de pillards koalinths ramassant ce qu’ils pouvaient aux abords de la ville. Heureusement, environ le tiers d’entre eux avaient apparemment déjà eu maille à partir avec les mercenaires du temple et ont quitté les lieux aussi vite qu’ils le pouvaient. Les autres nous ont quand même donné du fil à retordre, mais jamais je n’ai craint pour la vie d’aucun d’entre nous. En questionnant le chef des koalinths, nous avons appris que beaucoup de clans dans le nord avaient perdu leur territoire au profit des aboleths arrivés récemment et que, en se relocalisant vers le sud, ils avaient forcé ceux qui s’y trouvaient déjà à faire preuve de plus en plus d’audace pour trouver nourriture et butin.

Les rues et les édifices de la ville étant restées inchangées par rapport à mes souvenirs d’enfance, il n’a pas été trop difficile pour moi de guider le groupe. Il a quand même fallu garder un profil bas et zigzaguer à travers les ruelles pour éviter d’attirer l’attention de dizaines de zombis. Ce n’a pas toujours été possible, comme lorsque nous traversions un ancien marché et que nous nous sommes fait attaquer par des morts-vivants dont la peau et les os attaquaient comme autant de créatures indépendantes.

Finalement, nous avons atteint l’esplanade où les deux Vhaemas ont tenu leur dernier combat contre Iakhovas. Devant un temple d’Eadro, il est désolant de voir que la bénédiction divine d’un lieu sacré n’aient pas suffit à le protéger des morts-vivants. Au contraire, c’est là que nous sommes tombés sur une meute de goules, sûrement les ennemis les plus dangereux que nous ayons croisés à Voalidru. À leur tête, dans une grotesque imitation de ce qu’Il était de son vivant, se trouvait Vhaemas II.

Dans les circonstances, tout le monde a pris les armes contre le groupe de morts-vivants. Sans être aussi habile au combat que les héros, je m’assurais qu’ils restent en vie pour continuer à se battre. Même Sharna a pris sa dague pour charger vers l’avant et donner le coup de grâce à la dépouille de son père.

Après un long moment pour se remettre de nos émotions, nous avons amené le corps de mon demi-frère dans le temple pour compléter le rituel permettant de lui poser quelques questions. Nous avons ainsi eu la confirmation que Vhaemas avait pardonné à son fils les péchés de ses ancêtres, mais aussi qu’il avait étendu son pardon à tout le clan Kamaar. Il aurait fallu que deux personnes sortent indemne de l’attaque de Iakhovas sur Voalidru pour que les sept dernières décennies de conflit avec nos cousins de Thuridru n’aient pas eu lieu.

Que de sang versé pour rien. Mais le pire est qu’à peu près personne ne nous croira : ni moi, ni Sharna, ni les Héros du Square. Les centaines de merfolks de Thuridru ont déjà obtenu le pardon royal et personne ne le saura.

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Enlèvement royal

- Princesse Arina, représentante merfolk au Conseil de Myth Nantar

34 Eldasong 1465 TS

Presque un mois s’est écoulé depuis que le Conseil a envoyer les Héros du Square dérober les plans des ixitxachitls voisins de Thuridru. Les informations contenues dans les documents nous ont permis de déployer des soldats efficacement la où les raies-démons prévoyaient frapper. Deux de ces attaques furent aisément bloquées par nos soldats et les suivantes n’eurent tout simplement pas lieu, les guerriers créant vraisemblablement un effet de dissuasion.


1 Life song 1465 TS

La nuit dernière, mon aïeule Selana m’est apparue en songe pour me faire part d’une audacieuse suggestion. Détestant le royaume merfolk d’Eadraal et l’Alliance de Myth Nantar, les merfolks exclus de Thuridru et leur reine Sharna, ma propre nièce, auraient enterré la hache de guerre il y a des décennies si ce n’avait été de la mort d’une seule personne.

Dans les derniers jours de la Douzième Guerre de Serôs, mon père Vhaemas combattait les forces de Iakhovas dans la capitale d’Eadraal, Voalidru, désormais grouillantes de morts-vivants. Chemin faisant, il a rencontré Vhaemas le Bâtard, mon demi-frère. À l’écart des autres, le roi aurait discuté avec son fils illégitime. Serina, qui le tient de son père présent lors de la confrontation, m’a affirmé que mon père avait pardonné à son fils et son clan, bannis depuis si longtemps. Plusieurs témoins ont d’ailleurs vu, dans les derniers moments de Voalidru, les deux Vhaemas se battre côte-à-côte contre les forces de Iakhovas.

Si quelques heures de côtoiement avec le roi ont pu faire changer Vhaemas II de camp, serait-il possible d’en faire autant avec Sharna? Mirol ne le croit pas, et la majorité des membres du Conseil sont de son avis, mais je ne me pardonnerais pas de ne pas essayer.


2 Life song 1465 TS

Roaoum et moi avons décidé de convoquer les Héros du Square pour leur confier une paire de missions qui devront rester à l’insu du reste du Conseil tout comme des dukars – même si un des ces héros est une membre en règle de ces derniers.

Le plan est aussi simple que dangereux : pénétrer dans la ville fortifiée de Thuridru, localiser la reine Sharna et la ramener saine et sauve à Myth Nantar, probablement contre son gré.

Par contre, un autre problème se pose. Les tuyaux dans la fosse aux esclaves chez les ixitxachitls voisins avaient été placés par les merfolks de Thuridru. Sur commande, ils pouvaient envoyer un lourd poison qui tuerait la majorité des quatre cents esclaves. Ç’aurait pu être en représailles d’une trahison réelle ou imaginée de la part des ixitxachitls ou comme menace auprès de nous.

C’est pourquoi le plan doit avoir deux volets aussi simultanés que possible : d’une part le rapt de Sharna Kamaar, de l’autre la libération des esclaves chez les ixitcachitls. En plus d’une dizaine d’éclaireurs guerriers locathahs, Roaoum a envoyé Ulucieounaou et Lucan pour la seconde tâche. Alak’Nael, Nari, Ak’ash’eck et Ka’ana’mycine devront se charger de ramener Sharna ici.


12 Life song 1465 TS

Mes agents m’ont dit n’avoir eu besoin que d’une minute pour neutraliser un poste de gardes et entrer dans l’ancienne cité ixitxachitl. Ayant vu à quel point ils avaient été utiles chez les raies-démons, j’avais fourni aux mercenaires deux parchemins magiques qui leur avaient permis de prendre l’apparence de merfolks. Deux heures plus tard environ, ils avaient localisé le quartier des nobles et la demeure de Sharna, qui fait aussi office de palais. Soudoyant les gardes devant la résidence, ils sont rapidement aller confronter ma nièce, qui a aussitôt appelé ses gardes d’élite. Après un combat qu’on m’a dit intense, les garde ont .été enfermés dans un placard. Sharna, pour sa part, s’est vue assommée et plongée dans un sac doublé d’un filet.

Pendant le combat, les gardes soudoyés n’avaient pas perdu de temps pour alerter leurs supérieurs. Le quartier était déjà cerné de barrages empêchant quiconque de sortir. Les trois jeunes frères et sœurs de Sharna, les triplés Tamaar, Ayren et Dorle étaient aussi sur place, même si ce n’est pas clair s’ils étaient là pour aider ou nuire à leur grande sœur.

Voulant éviter d’être attaqués par la moitié des forces de sécurité de Thuridru en même temps, les héros m’ont dit s’être rués vers l’ancien temple d’Ilxendren, reconverti en temple d’Eadro après la prise de contrôle par les merfolks du clan Kamaar. Dirigé par Netri ,la cadette de la famille royale à peine traitée mieux qu’une ouvrière, le “temple” était avait subtilement été perverti en ce qui semblait être un lieu de culte pour Ghaunadaur. La prêtresse mièvre s’est d’ailleurs à un moment prise de colère envers Ka’ana’mycine, ses yeux s’injectant de sang et l’eau autour d’elle se remplissant de vase pourpre, ce qui disparut dès que la shalarin eut présenté des excuses.

Mais le but d’aller dans le temple n’était pas de se cacher. Comme Nari me l’expliquait, les ixitxachitls gardent toujours quelques corridors cachés pour permettre aux gens importants, surtout les prêtres, les vitans et les devitans, de s’enfuir pour frapper un autre jour. De fait, elle trouva au plafond l’entrée d’un tunnel qui allait mener vers la sortie.

Avant de passer, les gardes devant le temple avaient insisté fortement pour fouiller le grand contenant Sharna. Bizarrement, c’est Netri elle-même qui leur a ordonné de quitter le temple, allant même jusqu’à pointer ensuite le tunnel en remerciant les héros de leur aide.

De son côté, l’équipe de Roaoum a aussi connu un large succès. Perçant à travers une partie morte des Récifs de Xedran, ils sont arrivés par le fond de la mine où les ixitxachitls envoyaient régulièrement leurs esclaves jusqu’à ce qu’elle soit envahie par des monstres. Lucan et les locathahs sont venus à bout de dizaines de crauds affamés, puis on réussi à neutraliser les gardes et à faire sortir les esclaves par la mine nouvellement nettoyée.

Les ixitxachitls ont éventuellement rattrapé le train d’esclaves et quelques-uns ont malheureusement péri sous les coups, mais les raies-démons ont rapidement compris qu’il ne servait à rien de risquer leurs propres vies pour des esclaves qu’ils ne réussiraient pas à ramener chez eux de toute façon.

Au final, plus de trois cents esclaves ont été libérés du joug des ixitxachitls. Koalinths et locathahs pour la prupart, ils ont surtout choisi d’aller chacun de leur côté, mais quelques-uns sont venus s’installer à Myth Nantar, dont le vieux sage Uwaooo-Gau. D’un autre côté, Sharna a été installée dans des quartiers somptueux mais hautement gardés du Fort aux sept spires. Ni Mirol ni les membres du Conseil n’approuvent, mais ils ne peuvent concevoir de la libérer ni de l’exécuter. C’est peut-être à contre-cœur, mais ils se fient à Mirol et moi pour veiller sur elle et lui soutirer un maximum d’information.

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Chez Jean-Charles - Partie 2

- Tu’ola’sara, sage maalirni

1 Eldasong 1465 TS

Suite aux informations nous ayant été livrés par la sirine Thémise, le Conseil de Myth Nantar a décidé, il y a dix jours, de retenir encore une fois les services des Héros du Square pour une mission d’infiltration chez les ixitxachitls des Récifs de Xedran.

Les ‘chitls menant réellement les raids contre les champs seraient apparemment un groupe d’hérétiques, du moins aux yeux de leurs semblables puisqu’ils vénèrent eux aussi le démoniaque Ilxendren, à la différence près que, au lieu de vaincre leurs ennemis sur le champ de bataille, le vitanar hérétique prône de les détruire par attrition et en frappant de l’intérieur.

Selon Thémise, les merfolks rebelles de Thuridru et leurs voisins de ‘chitls sont ouvertement en guerre l’un contre l’autre mais, dans les faits, les deux groupes manigancent une alliance depuis plusieurs années déjà.

L’information étant insuffisante, nous avons envoyé les mercenaires en trouver davantage dans les quartiers des ‘chitls. Pour leur donner une chance de réussite, ils ont été équipés d’onguents de vision nocturne et d’un parchemin magique leur permettant de prendre, le temps de quelques heures, l’apparence de créatures de leur choix.

Après s’être rendus au centre de la cité, ils ont confronté le vitan d’un des cinq temples locaux. Les bribes de conversation épiées avant le combat inévitable et les documents dérobés dans le temple ont permis de confirmé que les ixitxachitls de la région de Thuridru avaient prévu une série d’attaques sur le plateau de Hmur, d’apparence chaotique mais, dans les faits, soigneusement planifiées. Le tout dans le but de faire passer les attaques sur le dos des ’chitls orthodoxes.

Le mission a aussi permis de confirmer les informations de Thémise, à savoir que les ‘chitls hérétiques et le merfolks de Thuridru étaient de mèche, et que l’assassin Rophon était un des envoyées de la dirigeante de ces derniers, la “reine” Sharna.

N’empêche : avec les dates et les lieux choisis pour les attaques du mois d’Eldasong et avec un vitan sur cinq en moins, les ‘chitls rebelles ne risquent plus d’être une menace sérieuse pour l’Alliance, du moins pas à court terme.

Encore du travail bien fait. Je suis d’avis de les recruter encore si le Conseil a besoin de leurs services. Je ferai la même recommandation aux dukars.

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Chez Jean-Charles - Partie 1

- Tu’ola’sara, sage maalirni

28 Huntsong 1465 TS

Compte tenu des menaces juxtaposées que posent les aboleths, les sahuagins et les pirates venus de l’ouest, le Conseil a encore une fois fait appel aux services des “héros du square” pour une mission que nos effectifs ne nous permettaient pas de mener à terme dans l’immédiat.

Sur le flan sud du plateau de Hmur, des villages agricoles de merfolks sont de plus en plus souvent victimes de raids de la part d’ixitxachitls. Comme les assaillants semblaient venir des environs de la cité-état de Thuridru et que les merfolks rebelles qui y vivent sont habituellement très hostiles à l’égard des étrangers, un point de ralliement avec un guide connaissant bien les eaux de la région avait été planifié.

Sauf que notre guide avait déjà été assassiné et remplacé par un certain Rophon qui, au lieu de les mener discrètement à un endroit d’où nos six mercenaires pourraient épier les raies démoniaques, les amena directement dans un traquenard tendu par des ‘chitls et dont nos agent purent s’estimer heureux de sortir en vie.

La suite de leur rapport est là où les héros ont vraiment grimpé dans mon estime. Bien que leur force se trouve au niveau du combat, ils savent clairement reconnaître quand la meilleure option est de ne pas se battre. Ainsi, usant de subterfuge et de magie, ils ont infiltré la cité ixitxachitl à proximité de Thuridru en se mêlant au esclaves. Estimés à environ quatre cents (surtout des locathahs et des koalinths), les prisonniers étaient gardés ensembles dans les multiples alcôves d’une immense caverne, affairés à diverses tâches manuelles en attendant d’être envoyés dans une mine temporairement fermée pour cause de bêtes sauvages. Fait étrange : il y avait un réseau de tuyaux métalliques, incrustés à même les murs et les plafonds, prêts à déverser on ne sait quoi sur les esclaves.

Nos héros ont rencontré une vieille sirine nommée Thémise dont les dirigeants ‘chitls employaient les services pour se faire tatouer des glyphes sacrés sur le ventre. Ce faisant, elle avait accès à de nombreux secrets et au plan général des corridors de la cité. Orchestrant sa libération, nos agents ramenèrent Thémise à Myth Nantar où elle fut soumise à un interrogatoire pour obtenir le plus d’information possible sur ce qui se tramait chez raies.

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