Aventures serosiennes

Nécropole

- Princesse Arina, représentante merfolk au Conseil de Myth Nantar

5 Sekolsong 1465 TS

Voilà près d’un mois que Sharna est officiellement invitée d’honneur, mais techniquement prisonnière politique dans le Fort aux sept spires. Un mois d’attitude généralement polie, mais incroyablement froide et inflexible. La seule fois où j’ai vue ma nièce près de craquer était quand on l’a amenée (sous force escorte armée) au chevet de mon père et son grand-père, le roi Vhaemas.

Mon père avait pourtant réussi à convaincre celui de Sharna, Vhaemas II, dit le Bâtard, de changer de camp alors même que ce dernier avait rejoint les forces de Iakhovas. Si seulement il était possible de communiquer avec le roi, je suis sûre que Sharna comprendrait. Malheureusement, la seule personne ayant entendu les arguments que Vhaemas a donnés à son fils illégitime est Vhaemas II lui-même. Il a été tué par Iakhovas dans le même combat qui a vu notre père tomber dans un profond coma, mais sa dépouille doit encore se trouver quelque part dans les ruines de Voalidru.

Le plan insensé que j’ai concocté, pratiquement certain de rencontrer l’opposition de tout le monde en ville, est d’amener ma nièce Sharna jusqu’à Voalidru, de trouver le cadavre de mon demi-frère et d’y utiliser de la magie pour découvrir ce que mon père lui avait dit pour le convaincre de changer de camp.

Comme je ne peux pas compter sur l’appui du conseil, des dukars ou même de mon frère Mirol et que Voalidru est maintenant la demeure de milliers de morts-vivants, les options de gardes armés sont plutôt limitées. Je ne peux faire appel aux gardes de la ville, aux guerriers dukars, aux soldats de l’Alliance ou à ceux d’Eadraal. Il resterait les forces des shalarins ou plusieurs mercenaires peu recommandables, mais j’ai choisi de me tourner vers les héros qui nous ont tant aidé, Roaoum et moi, lors des problèmes avec les ixitxachitls il y a deux mois. L’un d’eux est membre des dukars et je m’attends à ce qu’il leur raconte tout à notre retour mais, tant qu’il ne nous empêche pas d’effectuer la mission, je vais m’en contenter.


10 Sekolsong 1465 TS

J’ai moi-même du mal à y croire, mais le plan a marché. Tout a même été beaucoup plus facile que ce à quoi je m’attendais.

La première priorité était de s’assurer de la coopération de Sharna : un jonglage difficile entre se la mettre à dos et lui laisser la chance de s’échapper. Déjà là, les héros m’on donné un sérieux coup de main en la convainquant de poursuivre la quête jusqu’au bout.

Sitôt arrivés à Voalidru, nous avons rencontré une bande de pillards koalinths ramassant ce qu’ils pouvaient aux abords de la ville. Heureusement, environ le tiers d’entre eux avaient apparemment déjà eu maille à partir avec les mercenaires du temple et ont quitté les lieux aussi vite qu’ils le pouvaient. Les autres nous ont quand même donné du fil à retordre, mais jamais je n’ai craint pour la vie d’aucun d’entre nous. En questionnant le chef des koalinths, nous avons appris que beaucoup de clans dans le nord avaient perdu leur territoire au profit des aboleths arrivés récemment et que, en se relocalisant vers le sud, ils avaient forcé ceux qui s’y trouvaient déjà à faire preuve de plus en plus d’audace pour trouver nourriture et butin.

Les rues et les édifices de la ville étant restées inchangées par rapport à mes souvenirs d’enfance, il n’a pas été trop difficile pour moi de guider le groupe. Il a quand même fallu garder un profil bas et zigzaguer à travers les ruelles pour éviter d’attirer l’attention de dizaines de zombis. Ce n’a pas toujours été possible, comme lorsque nous traversions un ancien marché et que nous nous sommes fait attaquer par des morts-vivants dont la peau et les os attaquaient comme autant de créatures indépendantes.

Finalement, nous avons atteint l’esplanade où les deux Vhaemas ont tenu leur dernier combat contre Iakhovas. Devant un temple d’Eadro, il est désolant de voir que la bénédiction divine d’un lieu sacré n’aient pas suffit à le protéger des morts-vivants. Au contraire, c’est là que nous sommes tombés sur une meute de goules, sûrement les ennemis les plus dangereux que nous ayons croisés à Voalidru. À leur tête, dans une grotesque imitation de ce qu’Il était de son vivant, se trouvait Vhaemas II.

Dans les circonstances, tout le monde a pris les armes contre le groupe de morts-vivants. Sans être aussi habile au combat que les héros, je m’assurais qu’ils restent en vie pour continuer à se battre. Même Sharna a pris sa dague pour charger vers l’avant et donner le coup de grâce à la dépouille de son père.

Après un long moment pour se remettre de nos émotions, nous avons amené le corps de mon demi-frère dans le temple pour compléter le rituel permettant de lui poser quelques questions. Nous avons ainsi eu la confirmation que Vhaemas avait pardonné à son fils les péchés de ses ancêtres, mais aussi qu’il avait étendu son pardon à tout le clan Kamaar. Il aurait fallu que deux personnes sortent indemne de l’attaque de Iakhovas sur Voalidru pour que les sept dernières décennies de conflit avec nos cousins de Thuridru n’aient pas eu lieu.

Que de sang versé pour rien. Mais le pire est qu’à peu près personne ne nous croira : ni moi, ni Sharna, ni les Héros du Square. Les centaines de merfolks de Thuridru ont déjà obtenu le pardon royal et personne ne le saura.

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